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Prosper des Pentues
Régis VASSEUR
Juin 2009 - 272 pages
La vie d'un paysan dans les années 50 dans une petite commune de la vallée de la Loire
Un roman d'amour sur fond d'authenticité

ISBN : 9782911794766

Quantité :

18.00 €

Format 14 X 22,5 cm - 272 pages

 

Résumé
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La guerre n'a pas épargné Prosper, elle lui a volé son père et son enfance. Comme si la Vie lui en voulait elle a fait naître boiteux cet enfant conçu au retour de Verdun où l'ennemi gazait à tout va.
Son existence se limite à sa mère Clotilde Brisseau, ses vaches et quelques arpents de terre à la ferme des Pentues, dans cette campagne rude et isolée.
Jusqu'au jour où Pierre Pontel, l'instituteur est remplacé pour cause de maladie par Valérie, une jeune femme enjouée qui s’attache à l’authenticité de cet homme simple et sincère…

Auteur
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Régis Vasseur est né à Rethel dans les Ardennes.
Depuis 25 ans, il habite Bas-en-Basset, une petite commune de Haute-Loire bercée par le grand fleuve Loire.
Passionné de poésie depuis l’enfance, dans ses romans il sait retracer la vie et l’âme des gens de la campagne.
Régis Vasseur se définit lui-même comme un artisan des mots : « Je n’ai pas la prétention d’être un écrivain, mais plutôt un témoin, un raconteur de vie. Le jour où je ne pourrai plus saisir la couleur des mots, je serai orphelin de mon âme »

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Lire quelques pages
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Prosper ahanait en poussant péniblement le brabant qui traçait un profond sillon dans le sol fumant. A l'avant, les deux vaches attelées soufflaient en enfonçant leurs sabots dans la lourde terre encore détrempée des pluies de la semaine précédente. Signe de la difficulté, de longs panaches blancs sortaient de leurs naseaux sous l'âpreté de la tâche. Il y avait là deux bêtes magnifiques que Prosper avait patiemment dressées lui-même : Domino, dont la nature avait malicieusement parsemé la robe d'autant de taches noires que de blanches, et Cerise qui elle, avait vu le jour alors que les premiers fruitiers étaient en fleurs.
- Allez allez, encore un petit effort, on en voit bientôt le bout.
Il aimait travailler avec elles et les bichonnait un peu plus que les six autres bêtes restées à pâturer aux Pentues.
L'attelage ralentit, sembla forcer outre mesure, piétina quelques secondes, les muscles tendus à l'extrême, puis soudain s'arrêta sans en avoir reçu l'ordre.
- Et alors mes jolies, je ne vous ai pas donné l'autorisation de faire la pause !
Prosper, habitué à être seul tout au long du jour avait une relation quasiment humaine avec ses vaches. Ceci faisait rigoler ses voisins qui se moquaient de lui ouvertement avec de la méchanceté, voire même de la cruauté dans la voix. Mais il ne répondait pratiquement jamais aux quolibets, préférant baisser la tête et serrer les poings au fond de ses poches. Excepté ce fameux jour où il avait failli en attraper un alors que celui-ci invectivait copieusement sa mère, la Clotilde, pour une sombre affaire de chien errant et de poules égorgées. L'autre n'avait trouvé son salut que dans une fuite précipitée, ce qui, en l'occurrence n'était pas vraiment un haut fait d'armes : Prosper ne pouvant pas le poursuivre du fait de son handicap.
- Alors le Tordu, tu ne me cours pas après !
- Turlututu le Tordu… tu m'as eu mais tu m'auras plus !
Combien de fois avait-il entendu cette rengaine à l'école et combien de fois en avait-il pleuré en silence ? Pourquoi les enfants sont-ils aussi cruels entre eux et n'attendent–ils pas d'être grands pour être cons ! Comme si c'était de sa faute ou celle de ses parents s'il était venu au monde avec une jambe plus courte qui le faisait claudiquer et qui lui avait déformé très jeune la colonne vertébrale. Et puis il s'était blindé, avait fait le dos rond et s'était appliqué à retenir tout ce que le maître lui enseignait. Son intelligence naturelle, sa vivacité d'esprit et son ardeur firent merveille de sorte que les notes suivirent rapidement une courbe ascendante et qu'il devint le meilleur de sa classe. Il eut même, suprême récompense, l'honneur de recevoir le diplôme du Certificat d'Etudes Primaires des mains de Monsieur le sous-préfet qui avait, pour l'occasion, accompagné l'Inspecteur de l'Education Nationale. Autant dire que cela n'arrangea pas ses affaires avec les autres gosses de son âge qui le jalousèrent sans retenue. Pensez donc ! Un moins que rien, orphelin de père et de plus estropié qui se permet de ridiculiser les enfants du maire et des nantis du village.
- " Quelle indécence c'est-y pas malheureux, entendit-on dans l'assistance, il devrait s'estimer heureux de son sort et rester dans son coin. Au lieu de ça, ça vient nous faire honte à venir se présenter affublé d'oripeaux devant monsieur le sous-préfet. "
Jalousie et envie font bien trop souvent bon ménage, même chez les honnêtes gens !
C'était si loin tout ça… si loin et si proche en même temps. Prosper soupira, et, après plusieurs essais infructueux pour remettre les vaches au travail, vint voir de quoi il retournait.
Le soc de la charrue avait glissé contre un rocher et s'était bloqué en dessous. Il tenta de le dégager mais abandonna au bout de deux ou trois tentatives et dut se résoudre à dételer les bêtes. Il les fit passer derrière et, à l'aide d'une corde, il relia solidement le joug à l'engin. Dès qu'elles en reçurent l'ordre, Domino et Cerise avancèrent et dégagèrent le fer dès le premier coup de rein. Le soc ayant très peu souffert, le labour pouvait reprendre. En revanche Prosper allait être obligé de recommencer deux ou trois sillons qui avaient été mis à mal durant l'opération. Habitué aux aléas de la vie il ne s'était pas départi de son calme… S'énerver n'aurait servi à rien. Il se mit en devoir de dégager l'imposante pierre mais malgré tous ses efforts il n'y arriva pas.
- Bon, ben faudra revenir avec une barre à mine… fit-il à ses deux compagnes.
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