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25 rue de la Gazelle
43000 Le Puy-En-Velay
Tél. 04 71 02 11 34

Secrets de familles
Gilles Calamand
2006 - 240 pages

Enquête polières autour de la gare de Retournac

ISBN : 9782911794537

Quantité :

19.00 €

Format 14 x 22.5 cm - 296 pages

Résumé - Auteur - Lire quelques pages
 

Résumé
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Le vieux Chalin, une sorte de clochard rural toujours entre deux vins, a été assassiné à Saint-André-de-Chalencon. Qui a pu en vouloir à ce « pauvre » homme ?
Avait-il un secret qu’il emporte dans sa tombe ? Pas tout à fait : Rodolphe Gibert, le secrétaire de Mairie reçoit de sa part, deux jours après sa mort, une photo vieille de 62 ans, prise sur le quai de la gare de Retournac, en juillet 1943. Le meurtre avait-il un mobile vieux comme la dernière guerre ?
Rodolphe, son fils, une journaliste, un ancien résistant, un inspecteur de police du Puy qui a un nom de Président de la République, et le chef de gare, se lancent à la poursuite de la vérité dans une affaire qui pourrait ressembler à du terrorisme international…

Après un roman historique, Le loup des combes, qui avait pour cadre la première croisade prêchée à Clermont d'Auvergne, l'auteur nous convie ici à un voyage dans le temps, et dans l'espace, comme si les voies du passé et de l'avenir se croisaient en gare de Retournac. Suspense, poursuite, amour… Nul ne sortira indemne de l'aventure.

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Auteur
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Gilles Calamand, poète, historien et conteur, partage sa vie entre la Savoie et Chalencon dans le Velay dont il aime retracer l’histoire.

 

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Lire quelques pages
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1

Le gendarme Lagache laissa tomber une deuxième fois le heurtoir de la porte d’entrée. Elle s’ouvrit sur le visage d’un garçonnet constellé de taches de rousseur. Il pouvait avoir onze ans.
– Bonjour, petit, on vient voir ton père.
L’enfant observa un temps le visage du militaire, sa lourde moustache brune qu’il avait taillée en crocs, ses sourcils broussailleux. Il ne paraissait nullement intimidé, curieux, peut-être.
– Il n’est pas là, finit-il par répondre.
– Tu sais quand il va rentrer ?
– Bientôt, je pense, je n’ai pas de consignes, alors...
– Des consignes ?
– Ben oui, quand il part pour la soirée, il me laisse un mot pour me dire ce que je dois manger. Là, il ne m’a rien laissé... Puis, il me parle, vous savez, il me dit qu’il a une réunion ou un rendez-vous...
L’enfant souriait malicieusement. Lagache réprima l’idée qu’il se faisait ficher de lui. Il prit un air inquisiteur pour dire :
– Il part souvent comme ça ?
– Souvent ?... je ne sais pas... ça dépend. Des fois...
– On peut rentrer ?
C’est alors que l’enfant s’aperçut que derrière le premier gendarme, se tenait silencieux un autre gendarme, au teint pâle. « C’est vrai qu’ils vont toujours par deux... » se dit-il, vaguement inquiet.
– Oui, mais ce n’est pas très bien rangé, vous savez !
– Ce n’est pas grave, ce n’est pas nous qui ferons le ménage, pas vrai, Sembadel ?
– Oui, nous, c’est plutôt le contraire, quand on fouille, on brasse tout et on range rien !
Le nommé Sembadel s’esclaffa et partit d’une quinte de toux rauque consécutive à son abus de tabac. Pour la première fois de sa courte vie, l’enfant eut envie de boxer un représentant de la loi.
Les deux hommes entrèrent. Sur la table de ferme qui meublait la salle à manger, gisait un cartable, des livres de classe, des crayons de couleur.
Le temps laissa s’installer une gêne diffuse, presque palpable. L’enfant proposa :
– Installez-vous. Vous voulez boire quelque chose ?
– Ah non. Merci, petit, pas pendant le service ! répondit Lagache tandis que son collègue acquiesçait.
L’enfant alla s’asseoir, resta un moment devant son cahier sans rien faire, comme s’il réfléchissait, puis il prit son crayon jaune et continua le dessin qu’il avait commencé. Les deux hommes ne disaient rien, leur képi sur les genoux. Ils attendaient. L’eau, dégoulinant de leur capote avait fait une petite mare aux pieds de chaque chaise, et une fois de plus, l’enfant eut envie de rire. Ils attendaient. Seul le tic-tac de la vieille horloge troublait ce calme artificiel. Les deux gendarmes regardaient machinalement autour d’eux, détaillant par habitude professionnelle le mobilier ancien, les quelques tableaux ; sur une étagère, une vieille télé poussiéreuse semblait presque de la même époque que le mobilier. Ils étaient perplexes. Aucun d’eux n’osait troubler cette sorte de paix tranquille. Ils se sentaient presque de trop. Dehors, la pluie d’automne continuait sa chanson rassurante. De lourds rideaux rouges masquaient la fenêtre. Sembadel avait envie de se lever pour aller voir s’il n’y avait pas quelqu’un caché derrière. Il rougit lui-même de l’incongruité de sa pensée. Le gamin dessinait, avec un crayon vert maintenant, un arbre, de longues herbes. Lagache se racla la gorge comme pour parler, mais ne dit rien. Il avait envie de partir maintenant. Il reviendrait plus tard...
Au même instant, une voiture s’arrêta devant la maison. Une portière claqua.
– C’est lui ! dit l’enfant.
Il se leva et alla ouvrir la porte.
L’homme entra. Il portait deux sacs de supermarché à la main. Il était jeune élancé, brun aux cheveux courts. Son visage était ouvert et agréable mais on y remarquait l’étonnement que lui causait la présence des deux gendarmes.
– Bonjour, messieurs.
Lagache se leva, important, presque menaçant (du moins se voulait-il ainsi).
– Monsieur Rodolphe Gibert ?
– Lui-même.
– Vous savez pourquoi on est là, bien sûr ?
– Absolument pas, pour une contravention ? Antonin a fait une bêtise ?
– Vous avez entendu parler de monsieur Chalin ?
– Albert ? Comme tout le monde ! Nous avions même rendez-vous hier soir !
– À quelle heure ?
– 8 h. Je n’y suis d’ailleurs pas allé, le conseil municipal a duré jusqu’à 11 h ! Avec cette histoire de lotissement et la venue du préfet, on a dû jouer les prolongations. Mais au fait pourquoi posez-vous cette question ?
– Votre fils peut-il s’en aller ? Chez un camarade, par exemple.
– Si c’est indispensable... Antonin, va chez Julien. Je te rejoindrai lorsque j’aurai fini avec ces messieurs.
– Mais mon travail ? Je n’ai pas fini ! On a contrôle de poésie demain !!!
– Emporte-le !
L’enfant entassa ses crayons, ses cahiers dans son cartable, prit son blouson et sortit en claquant la porte, non sans avoir lancé un regard noir aux deux intrus.
L’homme s’était déshabillé et assis près de la table, il invita les deux hommes à faire de même. Ils reprirent leur place initiale.
– Albert Chalin a été assassiné, dit Lagache en scrutant le visage de son vis-à-vis.
– Albert ?... Mais quand ?
– D’après le rapport du légiste, hier soir entre 8 h et 9 h, justement. Or comme vous le dites vous aviez rendez-vous avec lui à cette heure-là !
– Oui, mais comme je le dis aussi, j’avais réunion à la mairie dont je suis le secrétaire général.
– Et vous vous êtes absenté entre 8 h 30 et 8 h 45, largement le temps qu’il faut pour...
– Non ! Je me suis rendu aux archives de la commune pour y reproduire quelques documents, d’ailleurs l’horloge incorporée au copieur vous le démontrera.
Il se rendit compte qu’il avait haussé la voix.
– Ne nous énervons pas, monsieur Gibert, il n’y a pas de quoi. Nous vérifions, c’est tout. Donc Chalin a été torturé et assassiné. Salement amoché. Et apparemment aucun vol. Il était riche, ça se savait, mais son argent, plus de deux cent mille euros, qu’il avait chez lui dans son placard, y était toujours ! Et vous aviez rendez-vous chez lui à 8 h. Voilà où nous en sommes. Vous nous dites que vous n’y êtes pas allé, nous vous croyons !… pour l’instant.
– Au fait, pourquoi voulait-il vous voir ?
– Au juste, je ne sais pas vraiment. De toute évidence ce n’était pas pour une affaire communale, sans doute plutôt pour une histoire de cartes postales.
– De cartes postales ?
– Je suis collectionneur, il le savait. Il m’a simplement dit : « Tu passeras ce soir, j’ai un truc curieux à te montrer. J’en connais qui seraient drôlement soulagés si je leur donnais. Mais pas moi, ah ça non, pas question ! »
Sans le vouloir, Rodolphe avait imité l’accent du vieil homme dans la fin de sa phrase. Le gendarme souriait.
– Et ça s’est passé quand ?
– Hier, vers 5 h. Je partais au conseil municipal et je me suis aperçu que je n’avais plus de tabac. Je suis allé en vitesse au bar. Le pauvre vieux était là, il m’a même offert un verre, mais j’ai refusé, je n’avais pas le temps. Il m’a donc invité à passer chez lui, j’ai répondu 8 h, comme j’aurais dit autre chose. Je pensais d’ailleurs y passer ce soir après dîner.
– C’est vrai, dit Sembadel, d’après le cantonnier qu’on a interrogé, c’est bien comme ça que ça s’est passé.
– Évidemment, dit Rodolphe qui se sentit curieusement soulagé malgré lui.
– Mais, comment étiez-vous sûr qu’il s’agissait bien de cartes postales, car le message n’était pas très explicite !
– On en avait parlé un jour, il m’avait dit avoir retrouvé dans son grenier de nombreux documents issus des affaires de ses parents et grands-parents qui avaient été photographes à Retournac.....
 

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