Editions Jeanne d'Arc

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25 rue de la Gazelle
43000 Le Puy-En-Velay
Tél. 04 71 02 11 34


Canicule
Bernard Astruc
2005 - 192 pages

A la poursuite d'un voleur d'objets d'art religieux en Auvergne et dans le Velay

ISBN : 9782911794445

Quantité :

17.00 €

Format 14 x 22.5 cm - 296 pages

Résumé - Auteur - Lire quelques pages
 

Résumé
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«— Asseyez-vous Daniel, lui dit le commissaire Giraud. J’ai personnellement insisté pour que cette délicate enquête vous soit confiée. Vous allez évoluer en terrain miné, je ne veux pas de casse, pas d’omelette, pas d’esclandre… OK ?
— Avant de potasser le dossier, en deux mots, puis-je savoir de quoi il en retourne ?
— Une œuvre d’art, religieuse, symbolique, a disparu au fin fond de l’Auvergne. Est-ce le rapt d’intégristes de tout poil, du grand banditisme ou des malfrats locaux ? Le ministère est sur les dents : un chef-d’œuvre leur passe sous le nez. Tout a commencé quand le maire du village s’est plaint à son sous-préfet de cette disparition. Lui, un passionné, flaire immédiatement la grosse bévue et sonne le tocsin. Il monte à Paris secouer la vénérable administration… »

Une sacrée embrouille en Auvergne !
Et Daniel va faire appel à son ami Jean, spécialiste en œuvres d’art…
Entre coupe d’Europe de foot, prévisions météorologiques et parfums envoûtants, le 6e roman de Bernard Astruc, révèle une Auvergne passionnante aux trésors méconnus.

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Auteur
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« J’ai beaucoup aimé votre roman. Comme d’habitude, le style est alerte, l’intrigue amusante, le sujet passionnant, et le lecteur retrouve votre verve coutumière. »


Docteur Gilbert Schlogel
Président du Groupement des écrivains médecins

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L’air poupin, une coupe de cheveux à la Kennedy, des lunettes à montures épaisses pour le vieillir, le tout jeune commissaire adjoint de la République, représentant de l’État dans la circonscription, boucle, en bras de chemise, une rencontre avec les élus. Bruno de Primeterre se demande parfois ce qu’il est venu faire dans cette galère. Ses condisciples de l’ENA gravitent déjà dans les ministères ou les grandes entreprises. Lui, a choisi la préfectorale et depuis il se frotte à des citoyens retors et des administrations pointilleuses.
La matinée le laisse sur le flanc : son cours fut chaotique, chaud, disputé, rugueux, passionné... De tour de table en tour de table, faisant preuve de diplomatie, il réussit à convaincre son auditoire.
Une douleur pulsative de la tempe droite, annonciatrice de migraine, vient solder cette éprouvante matinée.
Brillant, ambitieux, placé sous l’autorité du préfet, il cumule les fonctions de directeur de cabinet de ce dernier. Autant dire que la délégation de signature en fait un préfet-bis, promis à un bel avenir dans la haute administration.
Maintenant, volontairement isolé face à une fenêtre, le sous-préfet s’éponge le front et fait le vide dans sa tête qui bourdonne. Le regard dans le vague, la lassitude le gagne. Une réunion a regroupé sous sa houlette les délégations de deux communautés de communes, des représentants de syndicats intercommunaux et autres syndicats mixtes avec des fonctionnaires de la DDE, de l’Éducation Nationale et du Trésor. Une joute où chacun défend son pré-carré, sa parcelle de pouvoir et les financements qui en découlent.
Dubitatif, de Primeterre constate encore une fois que ce pays a le chic d’accumuler les strates de décision. Les compétences et les responsabilités s’y enchevêtrent et souvent s’y embrouillent pour se neutraliser. À lui de démêler sans froisser et de prendre les décisions les plus équitables.
– Et cet hiver qui n’en finit pas. Qui a parlé du réchauffement de la planète ?
Sa mise à l’écart le requinque. Son secrétaire veille et fait barrage. Dans la salle, le brouhaha est à son comble. Une grosse voix domine : celle du maire de Saint-Robert qui vient lui agacer les oreilles.
– Cet indécrottable crétin ferait douter de l’intérêt de la démocratie !
Soudain, une femme élégante, maire de Belchamp-sur-Senange, vient le tirer de sa léthargie et lui conter une étrange histoire : une affaire qu’il va prendre à bras-le-corps et porter jusqu'à Paris

 

 

Une odeur de vieilles fripes émane de hauts placards bourrés de soutanes et de surplis usagés. Parfois, en toute impunité, une souris trottine sur le plancher poussiéreux de la pièce où ni chiffons ni balais ne se risquent. Seuls maîtres des lieux, des acariens, poussés au vin de messe, colonisent l’air confiné.
En Auvergne, dans le débarras attenant à la sacristie d’une l’église romane, au cœur d’un village plongé dans l’obscurité d’une nuit sans lune, il s’en passe de belles !
Arrivés en catimini, deux étranges clercs y besognent. Uniquement éclairé du faible halo d’une lampe frontale, le scalpel à la main, celui qui semble le patron cherche les jointures sur le corps d’un supplicié. L’assistant du chirurgien, un gros bonhomme, sue abondamment et manque de défaillir chaque fois que la lame du bistouri crisse sur un obstacle anatomique. Le praticien, un grand gaillard, ne perd pas son sang-froid quand il détache la tête du tronc du gisant. Avec des gestes précis, secs et tranchants, entre deux éternuements, le dépeçage méthodique se poursuit. Une fissure, juste sous la ligne des pectoraux, laisse passer la lame, une autre à hauteur de la ceinture permet de séparer les membres. Maintenant, des taches humides maculent la chemise de l’assistant. Le pauvre homme, mal à l’aise, trépigne comme un enfant qui a une envie pressante.
L’expert défait avec application un montage en place depuis plus d’un millénaire. À l’époque, l’artiste au sommet de son art, réalise une œuvre d’une grande beauté à l’assemblage parfait : un Christ en croix difficile à dater, peut-être du VIII siècle ? Paradoxalement, cette antique sculpture se présente d’une étonnante modernité. Le réalisme du châtiment s’efface derrière la simplicité et la symétrie des lignes. Le supplicié y perpétue le symbolisme de la croix tout en stimulant l’imagination. L’alternance du blanc cru et du noir de jais, la polychromie chatoyante du vêtement, la symétrie parfaite du moindre de ses plis, atteignent, avec le recul, la perfection esthétique. De fait une pièce unique, d’une valeur inestimable.
Par une nuit sans lune, dans le grenier d’une sacristie, deux monte-en-l’air disloquent une œuvre d’art.
La tête, tenue à bout de bras, s’auréole, magnifique, dans la douceur du rayon de lumière. Ils la déposent dans un carton bourré de cotonnade au fond d’une grande malle. Le dos mité, creusé par la vermine, nécessite des soins particuliers. L’officiant sort d’une besace, portée en bandoulière, un pinceau large et doux. Le brossage délicat élimine les déchets. Puis avec un vaporisateur, il pulvérise la plaie d’un durcisseur instantané. Ainsi consolidés, enroulés dans des couvertures, l’abdomen et les jambes vont rejoindre dans la malle, le tronc uni aux bras en croix. La croix elle-même a beaucoup souffert, en particulier à l’intersection de ses branches, en regard de l’alcôve creusée par les vers dans le dos du supplicié. Le fait de séparer le corps de son support a suffi à la briser en quatre morceaux. Emballées avec autant de délicatesse, les pièces détachées vont rejoindre le restant.
Maintenant les deux compères portent la malle en évitant les pantoufles avachies des enfants de chœur qui jonchent le sol.
Ce soir, la lune trop bonne fille déprime ! Emmitouflée dans d’épais nuages, elle refuse de se lever pour aller étendre sa lumière sur le monde. Ce travail de nuit, qu’elle effectue assidûment depuis une éternité, l’épuise. Aussi, de temps en temps, s’autorise-t-elle une plage de repos compensateur en faisant l’impasse d’un soir.

 

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