Editions Jeanne d'Arc

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25 rue de la Gazelle
43000 Le Puy-En-Velay
Tél. 04 71 02 11 34

Simplice
Georges d’Aurac
1988 - 208 pages

ISBN : 9782911794421

Quantité :

12.00 €

Format 14 x 22.5 cm - 296 pages

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Résumé
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« Oh ! elle ne paye pas de mine, la cabane au fond du jardin ! Construite en pierres sèches et couverte de tôles rouillées, elle laisse à peine un passage à son hôte qui s’y glisse en rampant et ne peut s’y tenir qu’assis. Elle s’élève un peu au-dessus des buissons et des hautes herbes, au milieu desquels son emplacement a été dégagé à la pioche et à la serpette. D’un côté, se dresse le remblai de la ligne de chemin de fer du Puy à Clermont et, de l'autre, une épaisse haie d’aubépine érige une frontière entre le jardin et la route de La Chaise-Dieu à Saint-Flour.
– Qu’est-ce que tu fais, Simplice ? demanda la maman, quand elle vit son fils se démener dans ce coin du jardin voué à l’abandon.
– Je me fais un ermitage, répondit-il.
– Qui t’a parlé d’ermitage ?
– C’est Clopinet, maman. Je veux faire comme lui.
– Ah ! bon, fit-elle, comme si elle comprenait... ».

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Auteur
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Le Père Auguste Béranger, mariste, est né en 1909 à Saint-Georges-d’Aurac et décédé en 1982.
Il était amoureux de sa terre vellave qu’il a chantée dans plus de 600 poèmes et merveilleusement décrit à travers 227 contes, nouvelles et récits, recensés par le Père Louis Habouzit.
Sous le patronyme Georges d’Aurac, ou des anagrammes, ses 43 romans ont été publiés dans l’hebdomadaire Renouveau à partir de septembre 1946.
Ce livre réalisé en 1988 à l’initiative du Père Pierre Lashermes, mariste, est un choix de contes mettant en scène un enfant du Velay, Simplice, sous la plume du conteur merveilleux que fut Georges d’Aurac.

 

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QUAND SIMPLICE RETOUCHE VICTOR HUGO


... Nous voudrions faire de ce premier conte un hommage à la mémoire de Georges d'Aurac... pour son amour préféré de la poésie... pour son art consommé de la déclamation.
Il est daté de 1974.

Ce matin, pour honorer le mois de mai, Mademoiselle Monique, l'institutrice, a donné comme leçon de mémoire à ses élèves un poème de Victor Hugo où se trouvent, en guise de refrain, ces deux vers :
« Le mois de mai sans la France,
« Ce n'est pas le mois de mai.
Puis elle leur explique que ces vers ont été inspirés au poète pendant son long exil dans l'île anglo-normande de Guernesey.
– Là-bas, ajoute-t-elle, en contemplant l'océan qui le séparait de la France, l'illustre exilé murmurait parfois : « Nous sommes deux, moi et l'océan. »
Simplice écoute de toutes ses oreilles. Il savoure ce mot d'exilé qu'il rencontre pour la première fois et dont les voyelles l'enchantent.
– Je vais jouer à l'exilé, se propose-t-il en rentrant à la maison.
Il n'a pas d'île à sa disposition ; mais il a « son tilleul », où il aime se réfugier pour se donner l'illusion d'être loin de tout. C'est un vieil arbre, debout dans un coin du jardin. Son feuillage étalé ressemble d'en bas à une île verte en plein ciel bleu, une île où il ne s'agit pas d’aborder, mais qu'il faut escalader.
– Là-haut, nous serons deux : moi et le ciel, se dit Simplice pour imiter son modèle.
Quand une phrase l'a charmé, il la répète à satiété sur tous les tons pour en épuiser les résonances. Il grimpe à l'arbre, s'installe sur une branche assez horizontale pour servir de siège et commence à déclamer : « Le mois de mai sans la France,
« Ce n'est pas le mois de mai.
Le rythme agit, comme une drogue : Simplice se sent vraiment exilé dans une île déserte, perdu au milieu du tilleul qui murmure de toutes ses feuilles, comme s'il était battu par les flots de la mer d'azur qui l'entoure. lIe étrange, en vérité, légèrement bercée par la brise de mai, tandis que le ciel immobile l'enveloppe, juste le contraire d'une île véritable qui ne bouge pas, tandis que la mer s'agite autour d'elle... Au bout d'un instant, Simplice cesse sa psalmodie. Pourquoi maintenant les deux vers de Victor Hugo le chiffonnent-ils ? Quelque chose leur manque qu'il faudrait leur restituer. L'enfant écarte un peu les branches et jette un coup d'œil sur le large. Au loin, il aperçoit le chevet de l'église, ancré comme un bateau dans un port ; il distingue aussi un vitrail qui représente la Sainte-Vierge, avec l'Enfant-Jésus dans ses bras. Du coup, Simplice comprend pourquoi les vers de Victor Hugo sont incomplets : c'est que le mois de mai, c'est le mois de Marie ! Sans Elle, le mois de mai, ce n'est pas, non plus, le mois de mai. Il faut arranger ces vers. Pourtant il hésite à supprimer le nom de la France pour le remplacer par celui de la Sainte Vierge. Tout à coup il se souvient qu'il est du Velay. Or le Velay a pour chef-lieu Le Puy et, au Puy, s'érige, sur le mont Corneille, la statue géante de Notre-Dame de France. Comme tout coïncide bien ! Simplice sort de sa poche un crayon et un bout de papier. Il suce longuement le premier et observe avidement le second. Puis il écrit :
« Le mois de mai sans vous, Notre-Dame de France,
« Ce n'est pas tout à fait le mois de mai, je pense.
– Et l'Enfant-Jésus ! s'exclame-t-il. J'oubliais le principal ! Comment parler de la Sainte Vierge et de saint Joseph, sans dire un mot de lui et même un grand mot ! Où est-ce que j'ai la tête ?
Le crayon infatigable navigue sur le papier et bientôt un nouveau distique s'aligne sous les précédents. Cette fois, Simplice a fait bonne mesure. Il a écrit des vers plus longs que ceux qu'autorise la métrique française traditionnelle. Mais il ne connaît que sa métrique à lui. Celle que lui suggère son île, longuement bercée par la brise de mai, se moque des limites étroites que l'art des poètes a fixées. Ce sont des vers de quatorze syllabes. Tant pis pour les puristes !
« Entre vous deux, l'Enfant-Jésus avance à petits pas
« Et vous le tenez par la main pour qu'il ne tombe pas.
Tout à coup une fauvette se pose sur une branche voisine et pépie allégrement. Elle n'a pas vu que l'île est déjà occupée par un autre chanteur. Simplice lui sourit ; on dirait que la fauvette vient accompagner ses vers d'une tendre mélodie. Ah ! il faut écrire encore deux vers pour elle ! Elle l'a bien mérité. Peut-être est-elle une messagère qui vient prendre le poème de Simplice pour l'emporter au ciel et le remettre à la Sainte Famille :
Et le crayon d'ajouter :
« Va leur porter, petit oiseau,
« Ces six vers de ma part là-haut.
Puis Simplice fait, du bout de papier, une boulette, plus facile à tenir dans un bec, et il la lance à la fauvette. Elle s'envole aussitôt. Simplice est persuadé qu'elle est partie avec son message.
La réponse ne se fit pas attendre. Au cours de la nuit suivante, Simplice rêva que son poème, apporté au Paradis par l'oiseau de son île, était lu en public devant les anges par l'Enfant-Jésus lui-même qui eut la bonté d'ajouter un quatrain (un quatrain !, Vous entendez ?) à l'œuvre composée dans l'île en plein ciel. À son réveil, Simplice n'eut aucune peine à se rappeler les quatre vers. Il appelle sa mère. Elle accourt :
– Maman, tu ne sais pas ce que l'Enfant-Jésus m'a dit pour répondre à mon poème ? Écoute : c'est de lui ! , « Je connais un enfant exilé dans une île ;
« Il s'appelle Simplice et je lui dis merci.
« Victor Hugo n'a pas la conscience tranquille,
« Mais Simplice est venu réparer son oubli.
La maman, qui n'a rien compris à cette affaire poétiq

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