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25 rue de la Gazelle
43000 Le Puy-En-Velay
Tél. 04 71 02 11 34

La fille du pont
Pierre Boulon
2004 - 280 pages

 

ISBN : 9782911794339

Quantité :

19.00 €

Format 14 x 22.5 cm - 296 pages

Résumé - Auteur - Lire quelques pages
 

Résumé
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« L’obscurité grandissait. La jeune femme hâtait le pas, angoissée par la danse des troncs noirs, le fracas des houppiers et le tumulte de l’Eygat qui se tordait nerveusement le long du chemin. Il lui tardait d’avoir franchi le pont de Grenouille et d’atteindre la route.
Étrange pressentiment ! Elle poussa un cri d’effroi et son sang se figea. Non, elle n’avait pas rêvé ! À moins de cinq pas... »


Février 66, venu passer quelques jours chez son amie Clémence*, l’inspecteur Vivien Laubier est intrigué. Il furète autour du pont de Grenouille... jusqu’à son intime conviction.
Mais comment faire éclater la vérité dans ces hautes terres, où chacun tait ses misères et s’accroche à ses rêves ?
De l’amour, du suspense... et l’humour des trois compères Jules, Firmin et Moustache, imprègnent ce roman du terroir... !

* voir « La rivière aux secrets »

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Auteur
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Né en Haute-Loire, Pierre Boulon passe son enfance entre Meygal et Lizieux. Après avoir consacré sa vie professionnelle au Rail, il se réinstalle au pays et y découvre la passion d’écrire.
Son premier roman,« La rivière aux secrets », nous a fait découvrir des personnages typiques et attachants que le lecteur retrouve avec plaisir.

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1 - La burle

Belleribes, mardi 1er février 1966. La nuit tombait sur le plateau où l'herbe grise des pâturages émergeait encore du manteau neigeux. Pour une altitude voisine de 1 200 mètres, l’hiver, jusque-là, se montrait clément. Seuls les sommets lointains dévoilaient un blanc vierge qui côtoyait des nuages galopants.
Mais le ciel s’abattit soudain et Clémence Dufrêne dut précipitamment quitter la vieille Philomène à qui elle était venue rendre visite au hameau du Fraysse.
Une fille généreuse, Clémence ! Elle comblait de prévenances Philomène qui fut contemporaine, ici, de ses grands-parents. Et la vieille femme la considérait comme son rayon de soleil qui bravait la bourrasque et l’hiver pour lui apporter provisions et sourire.
Clémence dépassa à la hâte les quelques grands frênes, seuls arbres du lieu. Des géants trois fois centenaires qui laisseraient à tout jamais leur nom en héritage : le hameau du Fraysse et la famille Dufrêne.
Clémence était fière de ses origines montagnardes qui lui avaient fait vivre les joies simples des quatre saisons. Elle chérissait son pays et y était heureuse, trouvant même du plaisir à affronter cette burle soudaine qui maintenant se déchaînait, jetant ses attelages de neige dans des courses furieuses, masquant le paysage par rafales hurlantes, fouettant les haies, brûlant le visage, transperçant le vêtement, s’immobilisant un instant, livrant à nouveau bataille pour boucher de congères les chemins et isoler les lieux du reste du monde.
Clémence avait ramené son écharpe sur le visage, n'offrant plus à la burle que ses pupilles dilatées. Elle s’enfonça le long du Cascadou dont les eaux dégringolent de Peyrehaute pour grossir l’Eygat. Là, les vernes brisaient un peu les rafales et les flocons tombaient innocemment sur le sol. En quête d’abri, des merles voletaient dans les haies épineuses.
Clémence laissa sur sa gauche le hameau de Chantalouette, s’engouffra dans le chemin qui surplombe l’Eygat et rejoint Belleribes par le pont de Grenouille. En sifflant, la burle, ici, battait le haut des arbres mais atteignait rarement le sol. Clémence regretta un instant la tourmente des espaces dénudés où paradoxalement elle se sentait en sécurité, protégée de rencontres incertaines.
L’obscurité grandissait. La jeune femme hâtait le pas, angoissée par la danse des troncs noirs, le fracas des houppiers et le tumulte de l’Eygat qui se tordait nerveusement le long du chemin. Il lui tardait d’avoir franchi le pont de Grenouille et d’atteindre la route.
Étrange pressentiment ! Elle poussa un cri d’effroi et son sang se figea. Non, elle n’avait pas rêvé ! À moins de cinq pas, surplombant la pente raide qui finit à la rivière, un corps pendait à une branche.
Atterrée, Clémence prit ses jambes à son cou, franchit le pont de Grenouille, courut jusqu’à la route à en perdre haleine, reprit son souffle, courut encore, atteignit les premières maisons de Belleribes, frappa bruyamment au carreau d’Édouard Mestre, l’homme de confiance du village.
– Mais bon sang, Clémence, qu’est-ce que tu fais dehors par ces temps ?
– Quelqu’un s’est pendu près du pont de Grenouille ! dit-elle, pétrifiée, le souffle court. Je l’ai vu en revenant de chez Philomène.
– Un pendu, tu dis ? Diable !
Édouard Mestre se redressa, saisit sa canadienne, enfonça sa casquette jusqu’aux oreilles, se munit d’une lampe, empoigna son bâton pour soulager ses jambes de quinquagénaire, vieillies précocement par un accident lointain. Puis, d’un air dubitatif :
– Tu auras confondu avec un tronc d’arbre, ma petite ! Mais, allons nous en assurer.
 

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