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25 rue de la Gazelle
43000 Le Puy-En-Velay
Tél. 04 71 02 11 34

La 57e heure
Bernard Astruc
2004 - 176 pages

Trois destins croisés

ISBN : 9782911794322

Quantité :

16.00 €

Format 14 x 22.5 cm - 176 pages

Résumé - Auteur - Lire quelques pages
 

Résumé
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Tout commence dans le grenier de l’ancien hôpital de Langeac...
Bernard Astruc, dans son cinquième roman, nous entraîne au XIXe siècle. Trois destins s’enchevê-trent, ballottés par les eaux. Ils arrivent à l’océan, puis sont repris par le souffle du désert comme des fétus de paille.
Des vies qui se croisent, se dispersent et se mélangent.
Par touches colorées, au travers des petits métiers, de la vie rurale, de la condition féminine, de la révolution industrielle, des colonies, du rail, de la mode, des cures thermales, de la rage, de l’absinthe...
Une impression de XIXe pénètre le lecteur.

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Auteur
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Bernard Astruc

 

 

 

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Lire quelques pages
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Au milieu d'un capharnaüm, sous les toits du vieil hôpital de Langeac, Henri tient en mains un tableau ; une couche grisâtre s'y accumule depuis plus d'un siècle.
– Et ça, qu'est-ce que j'en fais ?
– Donne voir, le cadre a l'air bon : on le garde.

Rares sont les maisons où, par excès de zèle, on astique jusqu'au grenier. Pourtant, quelle agitation règne dans les combles de l'hôpital ! Le grand ménage de printemps ?
Le personnel de l'entretien, transformé pour la circonstance en déménageurs, travaille sans brusquerie pour éviter d'empoisonner l'atmosphère. L'homme en salopette bleue, porte délicatement le tableau vers la lumière. Du plat de l'avant-bras, de la manche, il essuie la toile. Ce geste enlève le plus gros de la poussière, mais étale le reste en une traînée sale. Les couleurs sont ternes : une mer marron pénètre une crique noirâtre. Lucien, le collègue, s'approche, prend à son tour le tableau, crache sur la peinture et frotte un peu :
– Pouah ! On dirait la marée noire sur une plage de Galice. Le châssis est correct, range-moi cette croûte dans le tiroir d'une commode. On ne sait jamais !

Tout ce qui doit être conservé s'aligne au fond du grenier, contre le mur. Les chaises percées, les bondieuseries, les vases en nombre, les antiques urinals, les brancards et autres béquilles, du linge miteux, tout un fatras promis à la déchetterie s'entasse au milieu. Le bric-à-brac, repoussé jusqu'à l'escalier, dévale sur le palier ; là d'autres arpètes s'activent pour le lancer par une fenêtre, dans la benne d'un camion garé en contrebas.
Les hommes portent des masques filtrant l'air ; dans la clarté de la lucarne, des milliards de particules soulevées dansent et s'agitent. En fin de journée les gars sont crasseux mais la pièce, vidée et propre, n'abrite plus que quatre armoires de bonne facture, deux commodes campagnardes en noyer blond, quelques tables de nuit au dessus en marbre, deux grands miroirs et des cartons renfermant divers objets. Pour gagner de la place, les meubles sont bourrés. Dorénavant, dans un large tiroir, à l'abri de la lumière et des chocs, sommeille une œuvre d'art : une peinture signée d'un précurseur de l'impressionnisme !
En 2001, l'hôpital déménage, quitte les anciens bâtiments de l'hospice pour rejoindre des locaux plus modernes.
La porte du grenier se referme sur le trésor !
Un jour peut-être, qui sait, quand les bâtiments trouveront une nouvelle affectation ?


* * * *


A Langeac en 1876, la silhouette ne trompe pas : long pardessus, large écharpe croisée, serviette de cuir brun, une allure de notaire avec un je-ne-sais-quoi de plus familier, un médecin remonte la rue.

Le vieil Anthime, le commissionnaire de l'hôpital, lui a transmis une missive urgente, vers dix-huit heures. L'estafette, l'un des rares que l'on puisse lancer dans les rues de la bourgade sans redouter qu'il ne se perde ou qu'il rentre ivre, accomplissait sa mission sans plus de commentaires. L'homme âgé, grand, longiligne, voûté, dodelinant de la tête, pétrissait son béret, seul au milieu du couloir d'accès à la salle d'attente. Les villageois qui patientaient, connaissant le bonhomme, n'en avaient cure.
Dans le bureau, aux meubles surchargés de revues savantes et de publications, le docteur Dubost donne des soins à une forte femme, âgée de quarante ans, sans antécédents particuliers et menant une vie régulière, comme il est précisé sur l'observation. Un soir dans l'obscurité, elle se rendait, sans lumière, de sa chambre dans une autre pièce de l'habitation. Elle heurta, pieds nus, le seuil élevé de la porte de son appartement. L'angle externe de l'ongle du gros orteil, entré dans la chair, y maintient depuis un mois l'inflammation. L'ongle incarné est une spécialité du praticien et on vient de loin se les faire tailler. Sa technique, simple et indolore, entretient sa réputation :
1 - Il coupe aussi loin que possible le bord libre de l'ongle, de sorte qu'il soit concave en avant et que ses angles latéraux forment deux cornes.
2 - Ensuite il le râpe avec un morceau de verre dans le sens longitudinal, sur toute la longueur du tiers moyen, jusqu'à ce que son épaisseur soit celle d'une carte à jouer.
3 - En appuyant sur le sol, l'orteil s'aplatit, et les angles de l'ongle n'éprouvant plus de résistance, se portent en haut et se dégagent. Le soulagement qu'en éprouve le malade est souvent instantané.
Un procédé aussi efficace, qui tient du miracle, mérite d'être protégé. Dubost travaille derrière un drap tendu au-dessus de la cheville du patient !
 

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