Editions Jeanne d'Arc

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25 rue de la Gazelle
43000 Le Puy-En-Velay
Tél. 04 71 02 11 34

Le choix d’Annette
Georges d’Aurac
2004 - 224 pages

Amour de la terre et drame familial

ISBN : 9782911794308

Quantité :

18.00 €

Format 14 x 22.5 cm - 336 pages

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Résumé
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Annette Chantoise a 18 ans. Une auréole de cheveux bruns marque avec netteté les contours délicats de son visage ovale : des prunelles de couleur marron rient dans ses yeux, comme des pierres rondes dans l’eau transparente d’un ruisseau. Quel bonheur de vivre en famille au hameau de La Brequeuille, sur le plateau du Chaliergue !
Annette est amoureuse de ses deux amis d’enfance. Paul ou Etienne, elle ne sait lequel choisir.
Les événements vont se précipiter et le drame se nouer : l’orage, l’amnésie, la disparition, la recherche...
Et il faudra toute l’énergie d’Annette pour que le village retrouve cette sérénité qui n’aurait jamais dû le quitter.

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Auteur
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Georges d’Aurac a écrit 43 romans, des histoires prises sur le vif, tranches de vie de personnages de la vie locale. Sa peinture du milieu rural exprime l’âme paysanne dans un style simple, vivant, agréable et imagé. L’auteur possède l’art de tenir en suspens ses lecteurs et de préparer des dénouements et des rebondissements tout à fait inattendus. Un régal !

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Chapitre 1

Les deux lettres


« Annette ! Annette, ma fille, vient vite ! L’omelette est cuite. Vite… Elle va brûler si tu tardes. Viens ! »
Sur le pas de la porte, Pauline Chantoise est debout ; les yeux éblouis par le soleil, elle jette à tous les échos cette invitation appétissante. Le silence, un instant rompu par sa voix, retombe, comme alourdi par la chaleur. Il est midi, un midi campagnard, qui pèse sourdement sur les choses. Les arbres immobiles laissent leurs branches s’étendre dans le bain de lumière. Les feuilles semblent haletantes, comme la langue, que les chiens, fatigués d’avoir couru, étirent mollement sur leur mâchoire entrouverte. Dans la cour, les poules ne picorent plus. D’ordinaire, quand Pauline paraît sur le seuil de la ferme, elles se précipitent autour d’elle pour recevoir le grain qui gonfle le tablier retroussé. Elles n’ont maintenant aucune réaction. Elles sont accroupies dans des trous de poussière, creusés à coups de pattes sous les ombres d’un grand tilleul. Elles n’ont même plus la force de caqueter. Les coqs eux-mêmes ont oublié leurs querelles et s’assoupissent, debout, une patte repliée sous leur corps.
Pauline tend l’oreille un instant et lance de nouveau son appel :
– Annette ! Annette, ma fille, viens vite. L’omelette…
– Oui, maman, je viens, répond une voix jeune et fraîche qui contraste avec la sécheresse ambiante, comme une source limpide dans une clairière noyée de soleil. »
Rassérénée, la fermière rentre dans la cuisine, en fermant la porte au nez du soleil qui se fait un malin plaisir de s’introduire à l’intérieur de la maison où sa présence entretient la voracité des mouches. Et la cour reconquiert sa torpeur. Ce n’est pas pour longtemps. La porte du jardin qui donne sur la cour, en face de celle de la ferme, s’ouvre. Et Annette paraît. On pourrait dire : « Qu’en sait-on, si c’est Annette ? » Bien que la porte ait grincé en pivotant sur ses gonds, elle n’a pas prononcé le nom d’Annette. Oui, certes ! La porte n’a rien dit. Mais il suffit de voir celle qui arrive, pour n’avoir aucun doute sur son identité. C’est bien celle qui a répondu tout à l’heure à l’appel de Pauline. À l’entendre, on pouvait affirmer que cette Annette, encore invisible, était digne de sa voix : fraîche et jeune, comme elle. Mais à la voir, c’est une autre chanson. La voix ne montre pas tout. Heureusement pour beaucoup de jeunes filles ! La voix d’Annette laissait pressentir qu’on ne serait pas déçu. En effet, quel éblouissement !
Annette Chantoise a 18 ans. Une auréole de cheveux bruns, marque avec netteté les contours délicats de son visage ovale ; des prunelles de couleur marron rient dans ses yeux, comme des pierres rondes dans l’eau transparente d’un ruisseau. Elles sont ombragées de sourcils noirs qui ne doivent rien à l’art du maquillage. Ses lèvres rouges n’ont jamais connu d’autre fard que celui dont le grand air est le généreux pourvoyeur : leur éclat fait ressortir la blancheur des dents qui forment un demi-cercle madréporique dans l’ombre humide de la bouche souriante.
Car Annette sourit ; est-ce à cause de l’omelette qui l’attend ? Serait-ce plutôt, parce que dans le jardin d’où elle sort, elle a rencontré quelqu’un dont le souvenir lui fait plaisir ? On ne peut le savoir encore. Annette est vêtue d’une robe d’un bleu depuis longtemps passé, qui garde cependant, de son ancienne splendeur, quelques traces d’azur.
Le soleil est tout de suite conquis. Magicien amoureux, il s’attache à l’apparition et ne la quitte plus, tandis qu’elle traverse la cour d’un pas souple et nerveux. Ses bras nus jusqu’au coude et bronzés comme des épis mûrs, reçoivent les caresses lumineuses, sans y prendre garde. Le galbe des jambes brunies s’accorde à la danse des rayons d’or et les sabots de noyer dont la jeune fille est chaussée, battent la mesure, comme des ménétriers.
Le charme qui émane d’Annette, est pur de tout alliage troublant. Son regard tranquille et franc, son visage paisible et son sourire même en disent long sur la qualité de son âme. Et nous savons bien, nous qui avons depuis longtemps dépassé l’âge d’Annette, que le regard, le visage et le sourire sont, très souvent, les miroirs fidèles où se reflètent les réalités intérieures. Annette ignore cette corrélation, ce qui éloigne tout danger de duplicité. Elle est claire comme l’eau vive.
La porte de la ferme s’ouvre encore. La jeune paysanne passe le seuil. La lueur, posée sur ses bras, s’éteint. Et le soleil, remis à sa place, comme un amoureux éconduit, rengaine ses rayons et revient à son vaste ennui. Sa mauvaise humeur et sa déception se traduisent par une recrudescence de chaleur qui achève de mettre à sec l’écuelle d’eau où, de temps en temps, les poules assoiffées viennent plonger leur bec déshydraté. On se venge comme on peut. Et le soleil a parfois des rancunes d’homme…
 

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