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Lettre d'Algérie à mes parents
Témoignage d’un appelé sur sa guerre en Algérie 1960 - 1962

Albert Ducloz
2003 256 pages


 

ISBN : 9782911794216

Quantité :

19.00 €

Format 14 x 22.5 cm - 256 pages

Résumé - Auteur - Lire quelques pages
 

Résumé
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Durant son service militaire au 1er régiment de Spahis algériens, du 1er mars 1960 au 27 avril 1962, Albert Ducloz écrit régulièrement (tous les 2 ou 3 jours) à ses parents. Après leur mort, il a retrouvé ces lettres bien
rangées dans l’armoire familiale.
Passés les moments d’émotion en relisant ses phrases et revivant cette guerre longtemps non reconnue, il décide de publier ce témoignage direct : le vécu quotidien d’un appelé du contingent sur ce que fut cette guerre non dite.
La plupart des guerres ont été racontées par des historiens, des hommes politiques, des officiers, mais trop rarement par les hommes de troupe.
Par delà le témoignage quotidien de terrain, ce livre est un hommage à tous les appelés, rappelés, maintenus, militaires de carrière qui ont fait l’Algérie.

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Auteur
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Albert Ducloz est né à Bourg-en-Bresse en 1940. Quatorze jours après ses vingt ans, il est incorporé direct à Alger le 3 mars 1960.
Il a publié son premier roman Citadelles d’orgueil en 2002.

 

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Lire quelques pages
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Né le 17 février 1940 à Bourg-en-Bresse dans le département de l'Ain, j'avais quatorze ans lors des premiers attentats en Algérie de la Toussaint 1954 qui allaient être retenus comme marquant le début de l'insurrection algérienne.
Quelques mois après, ma mère me confia : « D'un côté, je suis bien contente que cette guerre commence maintenant ; elle sera terminée lorsque tu auras vingt ans ».
Ma mère se trompait. À vingt ans, je partirai « incorporé direct » en Algérie, onze jours après mes vingt ans. Lorsque je reviendrai en avril 1962, vingt-six mois après, la guerre ne sera toujours pas terminée. L'Algérie devient indépendante le 5 juillet 1962, jour anniversaire du débarquement des troupes françaises le 5 juillet 1830, cent trente-deux ans auparavant.
La célébration du quarantième anniversaire des accords d'Évian décidant du cessez-le-feu le 19 mars 1962, a donné lieu à la parution de nombreux articles de presse et ouvrages divers dans lesquels je n'ai pas retrouvé la guerre que j'avais vécue pendant vingt-six mois.
Tout d'abord cette guerre fut non dite ; c'est tout récemment seulement, depuis 1999, qu'elle est reconnue comme guerre. Pendant quarante-cinq ans, il ne fallait employer que les termes « événements » ou autres euphémismes. Je rappelle, pour ceux qui l'ont oublié ou qui ne s'en sont pas souciés, que plus de deux millions sept cent mille rappelés et appelés s'y sont succédé. Que soixante-quinze mille d'entre eux y sont morts, que plusieurs centaines de milliers y ont été blessés, dont beaucoup ont conservé un handicap physique ; il convient d'y ajouter les blessures non reconnues, mais non les moins graves et les moins pérennes, les morales et les mentales. Enfin, il ne faut pas oublier les prisonniers et disparus qui n'ont jamais été retrouvés, ni parfois même recherchés. Seuls ceux qui n'ont pas fait cette guerre peuvent soutenir que c’en n'était pas une.
Ensuite, la plupart des témoignages, comme dans toutes les guerres d'ailleurs, sont ceux des gradés. La guerre d'un général, d'un colonel, d'un capitaine, n'est pas celle d'un sous-officier et encore moins celle d'un homme du rang.
Enfin, deux guerres sont généralement évoquées : la bataille d'Alger et celle des djebels. Une troisième, où j'étais affecté, n'est presque jamais citée : celle des frontières. Je ne suis pas allé sur la frontière marocaine, mais la frontière tunisienne était une ligne de défense appuyée sur un barrage sophistiqué de réseaux de barbelés électrifiés à 5 000 volts, de champs de mines, défendu par des chars, des radars, de l'artillerie, de l'aviation, etc. Ce barrage ou « ligne Morice » partait de la Méditerranée pour aller jusqu'au sud de la Tunisie. Il s'y déroulait une guerre classique avec un front et deux armées en face l'une de l'autre, la française et l'A.L.N. commandée par le colonel Boumediene. Cette dernière était professionnelle et disposait d'un armement moderne fourni par les pays de l'Europe de l'Est, alors soviétique, et plus particulièrement la Tchécoslovaquie.
Cette guerre fut encore plus non dite que les deux autres. Fallait-il pour la population française maintenir l'idée de la guerre des fusils de chasse ? Une chasse avec des blindés, de l'artillerie lourde, des radars, des champs de mines, des bombardiers ne s'appelle-t-elle pas « guerre » ?
J'ai perdu mon père en juillet 1980 et ma mère en septembre 1981. Après leur mort, ma sœur, mes frères et moi-même avons retrouvé dans l'armoire de leur chambre un paquet de lettres bien enveloppées. Sur chaque enveloppe, à compter du Père Cent, l'écriture de mon père indiquait le nombre de jours au jus qu'il me restait à faire. Lui-même, un ancien, il avait fait la guerre du Rif dans les années vingt et la guerre de 39-40, connaissait le calendrier militaire.
J'ai bien entendu lu ces lettres lorsque je les ai trouvées et je viens de les relire à l'occasion de ce quarantième anniversaire des accords d'Évian. Je me suis demandé si c'était bien moi qui les avait écrites tellement la mémoire fait un travail de mise à l'écart, surtout en quarante ans. Certains drames avaient déserté ma mémoire ; trop pénibles ou trop lourds pour être portés si longtemps.
C'est pour écrire à tous les anciens de la guerre d'Algérie ce que fut « ma guerre », qui fut certainement celle d'autres appelés, que j'ai décidé de publier mes lettres retrouvées. J'en ai seulement retiré des éléments qui relevaient de l'intimité entre mes parents et moi. Leur publication aurait nécessité leur accord, et ils ne sont plus sur cette Terre pour le donner.
J'écrivais à mes parents environ tous les deux jours, soit presque quatre cents lettres. À raison de deux pages par lettre environ, j'arrivais à un livre de huit cents pages à publier, ce qui n'était pas possible. J'ai donc pris le parti de retravailler ces lettres en les contractant pour arriver à une lettre hebdomadaire environ. Tous les passages essentiels ont été maintenus in extenso. J'ai supprimé l'accessoire ou le répétitif d'une lettre à l'autre.
Mes parents, et surtout mon père, qui savait de quoi il s'agissait, la guerre du Rif était une guerre d'Algérie au Maroc trente ans plus tôt – nous nous sommes confiés tous les deux là-dessus pendant ma permission* –, m'avaient demandé de leur dire la vérité. Ce que je n'ai pas fait complètement. Un fils ne peut écrire certaines choses à sa mère. De plus, je garde certaines abominations pour moi. Nous en parlons parfois à mots couverts entre anciens spahis. Beaucoup d'appelés, la plupart, adoptaient une position inverse, qui ne trompait personne : ils rassuraient les leurs en écrivant que « ça allait à peu près ». Position que je respecte. Mais si tous les appelés avaient écrit ce qu'ils vivaient, l'opinion française aurait fait que cette guerre dure moins longtemps.
Je dédie plus particulièrement ces lettres à mes camarades du 1er régiment de spahis algériens, du 4e régiment étranger d'infanterie, et à tous les anciens de la ligne Morice.
Et à Léon Perrin, arrière-cousin de ma mère, ancien de 14-18, cité à Verdun à l'ordre de l'Armée ; il publia en 1982 : Avec la piétaille, Mémoires d'un poilu bressan, Imprimerie de Trévoux.

Albert DUCLOZ
 

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