Editions Jeanne d'Arc

Editions Jeanne d'Arc
Editions locales

Editions Jeanne-d'Arc
25 rue de la Gazelle
43000 Le Puy-En-Velay
Tél. 04 71 02 11 34

La colline aux rossignols
Yvonne Delmas
2002 - 288 pages

ISBN : 9782911794131

Quantité :

20.00 €

Format 15 x 21 cm - 288 pages

Résumé - Lire quelques pages
 

Résumé
.............................................................................................

La colline aux rossignols est un récit épique, avec une solide base historique, fruit de la passion de l’auteur pour cette période des premiers siècles de notre ère.
C’est une période riche de la transformation des esprits qui s’opère à travers les valeurs véhiculées par lechristianisme qui se répand en Europe.
Dans les interrogations de ces hommes du IIe siècle, on
retrouve les préoccupations existentielles actuelles sur la trajectoire de l’homme et le sens de la vie.
C’est dans ce chaudron de l’humanité, à la charnière de deux mondes, qu’Yvonne DELMAS entraîne le lecteur en retraçant la vie d’Attale, le personnage central de ce roman, qui a réellement vécu il y a 1 830 ans. Il est connu sous le nom d’Attale de Pergame (ville d’Asie Mineure dans l’actuelle Turquie).
Descendant d’un compagnon d’Alexandre le Grand, ce jeune homme enthousiaste et cultivé va se sentir appelé par Jésus-Christ.
Venu des confins de la Méditerranée, avec Irénée, il voyage à travers le monde antique, jusqu’en Gaulle pour remplir sa mission qui le conduira des bords du Rhône et de la Saône jusqu’à Bourges (Avaricum) où il rencontre l’amour de sa vie et s’établit quelque temps.
Plus tard, il se rend à Dijon (Divio), Le Puy (Anicium) et avec sa famille rejoint Lyon (Lugdunum) où son destin l’attend..

retour haut de page
 

 

Lire quelques pages
.............................................................................................

 

1 -Le roi sans couronne
et la gardeuse de chèvres

C'était une belle et chaude journée du mois de mai de l'an 157 après Jésus-Christ, entre Attaleïa et Pergame, sur les bords de la mer Egée. Mais Dacrya se moquait éperdument de ce calendrier qui n'était pas en vigueur en Mysie, et ce Jésus était un étranger, sans être tout à fait un inconnu. Son frère de lait, Attale, lui en parlait souvent. Attale savait lire, écrire, compter. Il citait Aristote et connaissait par cœur l'histoire d'Alexandre le Grand, roi de Macédoine, vainqueur de Darius. Elle aimait l'écouter, allongée près de lui sur les aiguilles de pin, quand il venait lui rendre visite. Sa voix chaude, aux inflexions caressantes, coulait en elle comme une musique apaisante, sans qu'elle prit vraiment intérêt à ce qu'il disait.
Puis elle se levait d'un bond, et le défiait à la course, sautant comme un cabri de rocher en rocher. Ou à la lutte, et il faisait mine d'être battu, jusqu'à ce que, d'un croche-patte sournois elle le déséquilibrât. Alors ils tombaient tous deux, l'un sur l'autre, riant aux larmes. Elle aimait le poids de ce grand corps chaud, musclé, dégageant une agréable odeur masculine mélangée à celle de la verveine. Comme il était différent de ses autres compagnons de jeux !.. des jeux plus sensuels et volontiers érotiques, tous plus rustres, plus sauvages, prenant sur elle un plaisir rapide, qu'elle partageait sans complexe. Mais c'est avec Attale qu'elle eut aimé cette joute amoureuse… Or Attale l'appelait « petite sœur » et lui parlait de ce Jésus, mort en Judée depuis plus de cent ans, dont il se disait le disciple. Ces idées bizarres lui venaient de ceux d'Ephèse, un groupe d'exaltés qu'elle jugeait dangereux. Mais comment l'en détourner, si aucun membre de la puissante famille des Attalides n'y était parvenu ?
Le char d'Apollon voguait dans le ciel, très haut par dessus les pins parasols crépitants de sève et de chants d'insectes. Entre les branches on apercevait des morceaux de mer égéenne, scintillant comme de l'argent en fusion. Du petit port d'Attaleïa montait le bruit familier des voix, des appels, le grincement des lourdes trirèmes d'Eumène, le père d'Attale, « négociant grec » comme il se désignait lui-même, en souvenir de son glorieux ancêtre grec Eumène, Général d'Alexandre, fidèle à son roi jusqu’à la mort.
Elle, la sauvage Dacrya, la gardeuse de chèvres, était mêlée à cette famille depuis sa naissance et même avant. Ce n'est pas sans raison que sa mère, Euryclée, l'avait appelée « Larme », « Dacrya ». Car elle était le fruit d'un viol commis sur sa mère par un homme du Taurus. C'était un fils de ces Perses qui avaient jadis longtemps opprimé l'Asie Mineure, jusqu’à ce qu'Alexandre le Grand la délivre et lui apporte un grand souffle de liberté et de modernisme. Les Perses vaincus, dispersés, avaient été remplacés par de jeunes généraux grecs. On les appelait « la bande d'Alexandre » - Antipater, Eumène, Ptolèmée, Cratère, Néoptolème, Antigone le borgne. De joyeux drilles au demeurant, assez peu recommandables, à part Eumène, un peu plus âgé et plus raisonnable qu'eux. Estimé d'Alexandre, jalousé des autres évidemment.
Les derniers Perses, réfugiés dans les montagnes, vivaient de rapines depuis quatre siècles. Un soir qu'Euryclée se baignait, nue, sur le rivage, cet asiate l'avait saisie comme une proie… Voilà pourquoi Dacrya avait le teint cuivré, les yeux obliques et la chevelure lisse et noire comme du jais.
Xanthia avait recueilli Euryclée en larmes, l'avait soignée, nourrie, cajolée comme une sœur. Elle-même attendait un premier enfant, dans la jolie maison de marbre où chantait un jet d'eau dans la cour intérieure. C'était la maison d'été, dominant la mer et le port où dansaient les trirèmes. L'hiver – qui est si court ici, mais parfois si rude – on allait à Pergame, dans une autre belle demeure ornée de portiques, de colonnes aux chapiteaux sculptés, de fresques et de mosaïques. C'est là qu'elle était née, peu avant le fils de Xanthia et d'Eumène « le bienveillant ». Euryclée et Xanthia avaient nourri ensemble les deux bébés, tantôt l'un, tantôt l'autre, mêlant par jeu leur lait et leur amour maternel.
A sept ans, Attale avait quitté le giron des femmes pour un maître barbu qui lui enseignait l'écriture sur des tablettes d'argile ou des papyrus. Il apprenait vite à manier le stylet ou les pinceaux égyptiens. Il lisait les philosophes grecs, à 12 ans, sur les rouleaux de parchemin de la bibliothèque paternelle. La nuit tombée n'arrêtait pas l'étude : son maître lui enseignait la marche des étoiles et leur nom. Attale absorbait cet enseignement avec avidité, avec bonheur.
Plus calme et réfléchi que son cadet Eumène, il questionnait sans fin son Mentor, au cours des longues promenades journalières, mêlant l'exercice physique à l'exercice mental.
A dix-sept ans, il avait effectué son premier voyage, toujours accompagné du sage Pamphile et de la mule Nikaïa qui portait leur bagage. Ils avaient suivi le rivage en remontant vers le nord, longeant la Mysie, la Phrygie, visitant les ruines troyennes et sacrifiant à Achille et Priam, comme l'avait fait Alexandre, quatre siècles plus tôt en mettant le pied sur la terre d'Asie. Pamphile lui montra de loin les côtes de Chersonèse de Thrace, berceau du premier Eumène, son ancêtre, de l'autre côté de l'Hellespont. Puis, longeant la Propontide, ils arrivèrent enfin à Byzance…

 

retour haut de page
 

Vous n'avez aucun article dans votre panier.

Contactez-nous

Imprimerie Jeanne d'Arc
 

Editions Jeanne d'Arc - EJA - Vente en ligne de livres régionaux de l'Auvergne, la Haute-Loire et du Puy en Velay, livres d'arts, romans, romans historiques, religieux...