Editions Jeanne d'Arc

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25 rue de la Gazelle
43000 Le Puy-En-Velay
Tél. 04 71 02 11 34

Coeur Hallal
Abdelkader RAILANE
2014 - 158 pages
 Hubert reçoit le coeur de Farid
, un comble pour un vieux facho !
Un hymne à la tolérance

ISBN : 9782362620386

Quantité :

16.00 €


 

Résumé
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   Hubert ne décolère pas ! A peine sorti de la salle d’opération, il se réveille avec le cœur de Farid et il voit un arabe dans sa chambre ! Un comble pour un vieux facho comme lui, ancien d’Algérie… Et ses copains du parti qui vont débarquer dans sa chambre d’hôpital !
 
L’Homme n’est pas tout blanc ou tout noir il est souvent nuancé. Hubert l’antihéros de ce roman est comme vous et moi, il n’est ni pire ni meilleur. Il est simplement le reflet d’une société où les replis, religieux et nationalistes deviennent souvent la réponse à l’exclusion.
Vous découvrirez à travers ce roman une histoire exceptionnelle où se mélangent les passions, les croyances, les opinions, les vies. L’acceptation de l’autre est une recherche qui conduit celui qui s’y engage à éveiller son esprit.

 

 

Auteur
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Abdelkader Railane est directeur d’une Mission Locale et représentant de la COPEC (Commission pour la promotion de l’égalité des chances et de la citoyenneté) pour le département de la Haute-Loire. Ancien Boxeur du Red Stars à Saint-Ouen, Chevalier dans l’ordre des Palmes Académiques, son premier roman, En pleine face, a été publié en septembre 2011. Cœur Hallal est son second roman.

« Ne demandez jamais quelle est l’origine d’un homme ; interrogez plutôt sa vie, son courage, ses qualités et vous saurez qui il est. Si l’eau puisée dans une rivière est saine, agréable et douce, c’est qu’elle vient d’une source pure ».
 
Émir Abdelkader, 1808-1883

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Lire quelques pages
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    Ce matin, le téléphone sonne chez Hubert. Le dring-dring qui s’échappe du vieux combiné à cadran rotatif met fin violemment au songe du sexagénaire. Le vieil homme attend, un peu à la manière d’un joueur de la loterie, que la chance lui sourit. Il rêve de pouvoir un jour gagner le gros lot, gagner la vie. Hubert Meurseau a soixante ans, il est gravement malade du cœur, son avenir passe fatalement par une transplantation. Son patronyme est inscrit sur une liste, une liste éphémère, qui jour après jour voit un nom effacé par la vie ou raturé par la mort.
   Ce jour d’octobre, Hubert décroche le téléphone c’est le grand jour, il a les six bons numéros : un cœur est disponible. Il doit rejoindre, au plus vite, l’hôpital de Lyon pour bénéficier de la transplantation. Un taxi a été envoyé à son domicile.
Hubert habite au pays des sucs à Yssingeaux, une commune auvergnate proche de Saint-Etienne. Cet ancien boucher à la retraite vit seul depuis le décès de son épouse Françoise. Ses deux fils, Michel et Marc, viennent lui rendre une petite visite les week-ends. Ils sont mariés et vivent tous les deux à Roanne.
   Hubert ne voit jamais ses belles filles, ces dernières ont pris des distances avec leur beau-père. L’incarnation du mal, voilà la considération qu’elles lui accordent, car Hubert est un homme singulier, peu, voire pas sociable. Il est en outre animé par la haine. Cette haine qui jalonne le monde depuis la nuit des temps, qui prend son essence dans la destruction de l’autre. La haine de l’étranger. Oui, Hubert est xénophobe mais il est du genre cumulard : antisémite, homophobe, Islamophobe et surtout, surtout : Arabophobe. Son agressivité atteint son zénith lorsque l’on évoque l’arabe. Les bougnouls comme il aime les appeler !
   Ancien de la guerre d’Algérie puis activiste de l’OAS, l’ancien boucher a la dent dure et n’a jamais accepté que de Gaulle ait donné l’indépendance aux algériens. Il déteste voir les jeunes maghrébins se plaindre à la télé de leur condition.
   « Qu’est ce qu’ils font là, ils l’ont voulue leur putain d’indépendance alors qu’ils se cassent chez eux ». A-t-il l’habitude de vociférer.
   Son discours est toujours le même : les immigrés et leur descendant sont là pour profiter de la France. Ils profitent des allocations familiales, des aides sociales, de la couverture maladie et de toutes les prestations qu’ils peuvent engranger. Voilà pourquoi ses belles-filles, qui sont originaires de quartiers populaires, ont cessé toute relation avec lui. La haine du vieil homme leur était étrangère et pour cause, toutes deux avaient eu une enfance heureuse auprès des souffre-douleurs du sexagénaire. Malheureusement pour Hubert, cette situation familiale a eu pour conséquence de le priver de la présence de ses petits-enfants.
   Mais qu’à cela ne tienne, le vieux brisquard n’est pas homme à faire du sentiment. Pour lui, ses belles-filles ne sont que des sales gauchistes aux idées formatées par les sionistes qui gouvernent notre pays.
Hubert, lui, est de droite, mais la vraie droite, extrême. C’est un militant actif qui refuse de voir le pays sombrer aux mains des musulmans ou des juifs. Il se considère en guerre et, tel un combattant, il multiplie les actions pour convaincre les français, les vrais, les blancs, si possible catholiques. La France des Pascal, des Jean…la vraie France quoi ! Celle de ses origines. Hubert est un templier des temps modernes en croisade. Le croisé a sa carte au parti et ne manque jamais un meeting quitte à faire des kilomètres s’il le faut. Comme tout bon militant dévoué à la cause, il colle également, en période électorale, les affiches mais toujours armé d’une bonne batte de baseball au cas où des sales crouilles viendraient l’ennuyer.
   Non, Hubert n’est pas un homme comme les autres. Son combat quotidien contre les envahisseurs bigarrés est devenu sa seule motivation de vie. Son accident cardio-vasculaire avait freiné quelque peu son engagement mais pas ses idées.
Son accident était arrivé deux ans plus tôt alors qu’il participait à un apéro Vin et Cochon. Un événement médiatisé qui se voulait être une réponse aux réclamations des musulmans sur la viande hallal dans les écoles…
   Le parti avait donc organisé cette manifestation qui n’avait pas eu le succès escompté. Il est vrai qu’en terre altiligérienne, le parti ne jouissait pas d’une bonne réputation. Les idées d’Hubert n’en faisaient pas un homme estimé dans sa commune, bien au contraire. Diabolisé puis stigmatisé, il vivait à son tour la discrimination et devait composer avec le regard fuyant des gens qu’il était amené à croiser. Le vieux facho, voilà le surnom qu’on lui prêtait à Yssingeaux. Il faut rappeler que la Haute-Loire est une terre d’accueil qui s’était démarquée pendant la seconde guerre mondiale en cachant et en protégeant les juifs de la barbarie nazie. Cet héritage de valeurs altruistes, Hubert le salissait un peu à sa manière et tous ne lui pardonnaient pas son engagement nauséabond.
   Ce jour de fête pour le parti fut celui où la vie de cet homme, allait basculer. Les responsables régaliens du parti avaient attribué à chaque militant une mission. Pour Hubert, ce fut la cuisson des viandes au barbecue, une tâche ingrate au milieu des chaleurs et des odeurs. Le vieux militant prenait pourtant du plaisir à distribuer les travers de porc grillés. Mais au milieu de l’après-midi, Hubert fut pris d’une douleur aiguë au niveau de l’avant bras gauche. Pris de suffocation et de vertige, le sexagénaire perdit connaissance. Il ne dut son salut qu’à l’intervention rapide du SAMU.
   A l’hôpital, quelques jours plus tard, le diagnostic laissa apparaître une insuffisance cardiaque nécessitant une transplantation. L’infarctus qui avait frappé le vieux militant avait entraîné la destruction d’une grande partie du myocarde et des valves cardiaques.
En ce matin d’octobre, les images de l’accident ressurgissaient et perturbaient la lueur d’espoir qui pointait dans l’esprit d’Hubert. Il allait enfin pouvoir repartir au combat, retrouver le terrain. Ses amis sympathisants l’attendaient et venaient souvent s’enquérir de la santé de leur militant le plus chevronné. Notre futur transplanté avait hâte de les retrouver.
Le taxi arriva ; Hubert, la valise à la main, prit le chemin de sa nouvelle destinée avec une certaine appréhension.

   Le lendemain en fin de journée, Hubert revenait à lui. L’opération avait été longue et le vieil homme quittait lentement les effets de l’anesthésie. Lorsqu’il ouvrit les yeux,  il trouva à son chevet  le chirurgien qui avait réalisé la greffe.

  •  La transplantation est un succès Monsieur Meurseau, tout s’est bien passé vous devez vous reposer maintenant.
   Hubert, transi de froid, ne prêta aucune attention au chirurgien. Dans un état second, le vieil homme était en proie à la divagation, il était persuadé que ce froid, qui le submergeait, était une étape transitoire vers la mort. Peut-être avait-il déjà trépassé ? Il scruta ensuite la chambre, elle était le seul élément qui le raccordait au monde des vivants. Autour de lui, il découvrit l’appareillage médical auquel il était relié, un peu plus loin une table sur laquelle étaient disposés un verre et une bouteille d’eau minérale. Il continua son exploration quand, soudain, son visage se figea. Un jeune homme vêtu d’un jean et d’une chemise à carreaux était assis sur un fauteuil. Visiblement il n’appartenait pas à l’équipe soignante. Hubert n’avait d’yeux que pour cet étranger, ou plutôt pour cet arabe. Ce dernier provoquait en lui un horrible frisson, une impression désagréable qui le déstabilisait. Mais la fatigue et les effets persistants de l’anesthésie eurent raison de ce réveil prématuré. Hubert détourna son regard et fixa longuement le plafond blanc de la chambre avant de s’abandonner au sommeil.
   Au petit matin, les infirmières déboulèrent dans la chambre de l’ancien boucher d’Yssingeaux.
  • Bonjour Monsieur Meurseau, café ce matin ?
  • Oui, café, répondit Hubert.
  • Vous avez bien dormi ?
  • Oui oui. A part que j’ai fait un mauvais rêve.
   Hubert étira ses bras vers le plafond mais une douleur thoracique le rappela à l’ordre. Sa bonne humeur prit le pas sur sa souffrance, il n’était pas dans ses habitudes de laisser transparaître la moindre insuffisance. Il actionna ensuite la télécommande du lit pour se rehausser afin de profiter de son petit déjeuner, quand soudain il se mit à crier en direction du fauteuil qui se trouvait dans la chambre :
  • Putain ! Qu’est ce qu’il fout là. T’es qui toi ?
  • L’aide soignante et l’infirmière stoppèrent net leurs tâches.


   
 

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