Editions Jeanne d'Arc

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25 rue de la Gazelle
43000 Le Puy-En-Velay
Tél. 04 71 02 11 34

Des yeux de sorcière
Nicole Tardy
2013 - 394 pages
1784, Honorine découvre un complot contre la duchesse de Polignac et doit fuire...

ISBN : 9782362620348

Quantité :

20.00 €

Format 14,8 X 21 cm - 394 pages

Résumé
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1784. Grâce à sa beauté, Honorine, une modeste fille de paysans, devient servante dans une maison bourgeoise. Mais parce que sa curiosité la pousse à écouter aux portes, elle découvre un complot visant à assassiner la duchesse de Polignac grande amie de la reine Marie-Antoinette. Son bon cœur l’incite à agir, cependant que peut faire une simple soubrette face à des aristocrates sans scrupule ?
Du Puy, aux hauts plateaux du Velay balayés par les vents d’hiver, Honorine se trouvera confrontée à un redoutable mercenaire à la solde des conjurés et à l’homme mystérieux qu’elle vient de sauver d’une mort certaine.
Toutefois ce séduisant gentilhomme est-il son allié ou son ennemi ? Peut-elle lui faire confiance ?
 

Auteur
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Passionnée d’équitation et d’histoi­re, amoureuse de la nature et des paysa­ges auvergnats, Nicole Tardy est chevrière à la belle saison et devient romancière lorsque la neige blanchit les hauts plateaux du Mézenc.
Après l’épopée chevaleresque d’Aveline de Beaufort, elle nous plonge dans les prémices de la Révolution…

 

Lire un extrait
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Chapitre 1

Au  fil des heures, les rues devenaient de plus en plus encombrées et le brouhaha généré par toutes les conversations, donnait à la cité du Puy des allures de ruche. C'était jour de marché et les paysans des alentours avaient envahi la halle couverte, ainsi que les ruelles environnantes. Comme à son habitude, Antonin Carcelle s'était installé à un carrefour tout près de la halle, ce qui lui donnait le double avantage de pouvoir garer sa charrette et sa jument, ainsi que de voir passer devant son étal tous les clients que pouvait compter la ville. Or à quelques jours de la fête mariale, il y avait encore plus de monde que de coutume. Antonin un large sourire aux lèvres, se frottait les mains à la seule pensée des bonnes affaires qu'il était en train de réaliser. Une seule ombre au tableau, la présence de sa fille Honorine qui constamment se faisait héler par les jeunes gens, l'obligeant à se détourner sans cesse de ses occupations lucratives pour la surveiller de plus près.
- Honorine regarde donc les poules et les canards au lieu de bailler aux corneilles ! Et baisse les yeux ! On n'a pas idée de dévisager les gens comme ça !
- Oui père, répondit docilement la jeune fille.

Honorine vérifia une fois de plus  qu'aucune volaille ne risquait de se sauver de leur panier, puis se remit à observer la foule. Elle était émerveillée devant autant de diversité. Les tristes robes de bure des ecclésiastiques côtoyaient celles fraîches et légères des servantes, aussi bien que les satins et brocards des bourgeoises. Quelques mendiants se glissaient bien au milieu de cette foule, mais dans l'ensemble, il était facile de voir que la joie et la bonne humeur étaient les maîtres mots de cette journée.
Honorine se sentait au diapason avec tous ces gens. Elle était heureuse. Cela faisait plus de cinq ans qu'elle n'avait pas mis les pieds dans cette ville, ni dans aucune autre d'ailleurs. Cinq ans, qu'elle avait dû rester à la ferme afin de s'occuper de ses jeunes frères et sœurs. Sa mère était morte en couches alors qu'elle n'avait que douze ans et comme elle était l’aînée des filles, son père avait trouvé tout naturel que ce fût elle qui s'occupât de la maisonnée. Comme elle avait toujours aidé sa mère, elle avait pu faire face assez facilement à ses nouvelles fonctions, mais la claustration que lui imposait son père, s'était mise à lui peser au fil du temps. Bien sûr, elle avait le droit de se promener librement autour du hameau de Dempeyre où se trouvait leur ferme, mais il lui était strictement interdit de se rendre ne serait-ce qu'au village d'à côté. Quand elle osait s'en plaindre, son père lui affirmait que c'était pour sa sécurité qu'elle devait lui obéir. Plus elle grandissait et plus elle était étroitement surveillée.

Au printemps, alors qu'elle venait tout juste de fêter ses dix-sept ans, elle avait demandé à se rendre à la foire de Coubon. Elle estimait être à présent suffisamment mûre, pour effectuer elle-même les différents achats nécessaires au bon fonctionnement du logis. Malheureusement, malgré ses supplications elle n'avait pu obtenir gain de cause. Ne comprenant pas cet éternel refus, elle avait interrogé son frère aîné. Après s'être un peu fait prier, il avait finit par lui dire.
- C'est à cause de tes yeux !... Et du reste d'ailleurs !

Totalement abasourdie par cette remarque, Honorine en était restée sans voix. Lorsqu'elle avait enfin retrouvé ses esprits, elle n'avait pu en apprendre davantage car son frère s'était précipitamment éclipsé. Elle était donc restée une fois de plus à la maison, se demandant bien pourquoi ses yeux pouvaient la mettre en danger. Bien sûr elle avait souvent entendu dire par  les voisines qu'elle avait les yeux d'un bleu peu commun, mais elle ne voyait pas bien pour autant quel danger ils pouvaient représenter. Évidemment elle avait déjà constaté que son jeune voisin ne la quittait pas du regard dès qu'elle passait près de lui, mais comme elle le connaissait depuis sa plus tendre enfance, elle n'y avait pas vraiment prêté attention et avait simplement pensé qu'il était quelque peu idiot N'ayant jamais eu le temps de prendre soin de sa personne, elle ne s'était pas réellement aperçue des changements de son corps, qui d'une charmante gamine, avaient fait d'elle une belle jeune fille. Quand elle se regardait dans l'unique miroir de la maison, elle se trouvait bien banale dans ses vêtements de paysanne. Son père ne lui offrait que très rarement des robes et lorsqu'il s'y résignait parce qu'elle avait trop grandi, il les choisissait de coupe très simple et de teinte sombre, ce qui ne mettait pas du tout en valeur sa chaude carnation de brune.

Les jours auraient pu continuer à s'écouler ainsi pendant longtemps, si un événement inattendu n'était venu bousculer l'ordre établi. En effet une semaine plus tôt son grand frère Justin avait eu une jambe coincée entre un char à foin et la porte de grange. Bien que la plaie ne fût pas très profonde, il avait dû garder le lit plusieurs jours et à présent il marchait avec l'aide d'un bâton. Aussi lorsque leur père avait voulu se rendre au marché du Puy, il n'avait pas souhaité comme à son habitude se faire accompagner par  son fils, par crainte que la fatigue du trajet ne l'obligeât à regagner sa couche. Or s'il y allait seul, il craignait que quelque malandrin ne lui dérobât une volaille pendant qu'il serait occupé ailleurs. Il avait eu beau tourner et retourner le problème dans sa tête, il n'avait trouvé qu'une solution. Il lui fallait emmener un autre de ses enfants. Mais le seul à être suffisamment mature pour lui venir en aide était Honorine. Finalement sa pingrerie avait fait pencher la balance en faveur de la jeune fille. Il préférait prendre le risque de la voir aborder par quelques jeunes hommes trop entreprenant, plutôt que de perdre de la marchandise. La veille de leur départ, Honorine avait reçu maintes recommandations de son père. 

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