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25 rue de la Gazelle
43000 Le Puy-En-Velay
Tél. 04 71 02 11 34

Fonctionnaire de la Résistance
Alain Rougeot
2000 - 206 pages

ISBN : 9782911794087

Quantité :

19.00 €

Format 15 x 21 cm - 206 pages

Résumé - Auteur - Lire quelques pages
 

Résumé
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La tendance actuelle, amplifiée par un procès récent, lorsqu’on évoque la France des années 40 à 44, est de la présenter comme un pays globalement “moche”, certains allant même jusqu’à affirmer qu’il faut dire à ceux qui n’ont pas connu cette période que “la France a été coupable”.
J’habitais en France et je n’ai pas ce souvenir.
Avec ce livre, je n’ai pas la prétention de faire œuvre d’historien, mais d’être le chroniqueur de la vie ordinaire des années que j’ai vécues, d’abord dans la zone occupée comme étudiant, puis comme agent
permanent de l’Armée Secrète au Puy-en-Velay. C’est la vie de tous les jours d’une organisation clandestine dans une préfecture de l’ancienne zone libre dont les chefs se succèdent au rythme des arrestations et des exécutions de la police allemande. Comme c’était d’ailleurs le sort qui attendait chacun de nous à n’importe quel moment.
Pourquoi quelques-uns d’entre nous, à côté de tant d’autres qui sont
tombés, y ont-ils échappé ? A cette question il n’y a pas de réponse dans la logique de ce bas monde.
Dans ce livre, j’essaie de faire revivre le souvenir des personnes que j’ai rencontrées dans ces années dramatiques ; souvenir qui, dans ma mémoire, ne s’est jamais effacé. Je leur devais ce témoignage, en
regrettant seulement qu’il soit si tardif.

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Auteur
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Alain Rougeot est né en février 1922. La guerre
éclate alors qu’il est étudiant en droit à Paris. Obligé de quitter la capitale pour échapper au S.T.O. et décidé à rejoindre les forces combattantes alliées, il se réfugie au Puy-en-Velay où la famille a un ami : le colonel Lucien. Celui-ci l’enrôle dans la Résistance et il devient agent permanent de l’Armée Secrète dans le Velay.
Après la libération, il occupe les fonctions de
secrétaire de la commission consultative des marchés au ministère de la reconstruction. Il est par la suite nommé directeur de banque dans le privé.
Journaliste à partir de 1974, il est chroniqueur à Golf Senior.
Il est membre de l’Association des Combattants Volontaires de la Résistance de la Haute-Loire.

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AVANT-PROPOS


Un paisible retraité, confortablement installé dans son fauteuil préféré regarde la télévision. Il suit les péripéties du procès de l’ancien préfet Maurice Papon accusé de crimes contre l’Humanité et il croit observer que cet épisode judiciaire provoque une certaine surprise dans une opinion publique pour laquelle la situation de la France de 1940 à 1944 n’est pas la préoccupation la plus actuelle. Au fur et à mesure que les années passent et que les témoins se font plus rares les nouvelles générations en sont venues à accepter sans trop se poser de questions des idées toutes faites qui leur sont proposées par des intellectuels, Américains notamment, relayés par les médias.
Les petits Français des années 1990 ont ainsi la chance de pouvoir distinguer clairement qu’en ces temps lointains il y avait en France des méchants et des bons. Les méchants, le Maréchal Pétain et Vichy, avaient supprimé la République, la démocratie, les droits de l’Homme et organisé la déportation des Juifs. Ils l’ont fait en accord avec la grande majorité de la population, complice de ces mauvaises actions.
Ils peuvent lire dans un livre signé par deux personnages très honorables, hauts fonctionnaires de cette époque et des suivantes :
« La France n’a pas été soumise uniquement au joug d’une minorité abusive, elle a été globalement moche... »
« Pour ce qui est de cette période-là, il faut dire à ceux qui ne l’ont pas vécue que la France a été coupable... »Le président Chirac a même parlé de la responsabilité de l’État Français assimilé à la France légale.
En face des méchants il y avait un petit nombre de gentils, antifascistes et antiracistes. C’étaient des résistants et des communistes très proches les uns des autres. Leur existence était une suite d’aventures pleines de bruits et de fureurs et très dangereuses car lorsqu’ils étaient arrêtés, ils étaient fusillés ou envoyés dans des camps d’où ils ne revenaient pas. A côté des 75000 héros qui ont été passés par les armes la grande majorité des victimes étaient des Israélites que des gens comme Papon sont accusés d’avoir fait déporter.
Nos jeunes amis se posent la question : « pourquoi tous les Français n’étaient-ils pas dans la Résistance ? »
« Pourquoi des fonctionnaires continuaient-ils à occuper leur poste ? Pourquoi des agents de police embarquaient-ils des Juifs dans des convois pour les envoyer dans des chambres à gaz ? Alors que cela aurait été si facile de prendre des fusils et de chasser les nazis ? »
Cependant les bons ont fini par triompher. Mais les méchants n’ont pas été punis et ils ont prospéré. Ici, il faut citer quelques noms emblématiques : Touvier, Bousquet et l’éternel Papon, pour montrer combien nous avons été négligents et aveugles.
Cette image n’est évidemment pas celle que l’on trouve dans de nombreux ouvrages bien documentés d’historiens et de témoins fiables mais elle a le mérite d’être simple et intelligible pour ceux qui n’ayant pas connu cette période n’éprouvent pas le besoin de s’y plonger rétrospectivement.
Le procès qui vient d’avoir lieu les oblige à s’interroger sur le comportement de gens qui leur sont proches puisqu’il s’agit de leurs parents ou de leurs grands-parents et à chercher à savoir comment ils ont traversé des épreuves, auprès desquelles les difficultés quotidiennes d’aujourd’hui, apparaissent comme des péripéties sans commune mesure avec les menaces directes sur leur vie que ces vétérans ont subies pendant quatre longues, interminables années. Un retour en arrière sur des faits que dans un consensus général on préférait oublier s’est ainsi imposé.
Or, quel est le premier de ces faits si ce n’est la défaite de l’armée française sur le champ de bataille métropolitain en juin 1940 et ce qui s’en est suivi, c’est-à-dire l’occupation du territoire national par une force ennemie en partie fanatisée et qui y a fait régner ses lois implacables directement sur sa plus grande portion y compris à Bordeaux et indirectement sur une zone moindre laissée à une administration étroitement soumise à ses exigences.
Pendant tout ce temps, il a fallu que les gens continuent à vivre, à vaquer à leurs occupations, à veiller sur leur famille, même si c’était compliqué, même si ce n’était pas glorieux, même s’il se produisait à tout instant des drames ici ou là.
Ceux qui comme moi, ont eu la chance de pouvoir entrer dans la Résistance et celle encore plus grande d’en sortir indemnes peuvent se considérer comme des privilégiés car ce n’était pas facile. Et quand on affuble tel témoin du qualificatif de “Grand Résistant” je me demande, lorsque les Allemands fusillaient ou torturaient à mort un de nos camarades s’ils lui collaient une étiquette “grand Résistant, résistant moyen ou petit résistant”. J’ai même l’impression qu’en présence d’un gros gibier ou qu’ils supposaient tel, ils prenaient plus de gants qu’avec un petit personnage, à leurs yeux sans intérêt, dont le sort était réglé promptement.
 

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