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43000 Le Puy-En-Velay
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Aveline de Beaufort 
Nicole Tardy
2012 - 514 pages

Epopée chevaleresque au Moyen âge dans la haute vallée de la Loire autour du château d'Arlempdes, en 1416

ISBN : 9782362620256

Quantité :

22.00 €


Format A5  514  pages
 

Aveline, la belle et rebelle fille cadette de messire Romuald de Beaufort ne veut pas devenir une épouse docile à l'image de ses sœurs. Délaissant les travaux d'aiguille, elle préfère chasser et défendre, l'arc à la main, les paysans de la seigneurie. Mais voilà qu'un vieillard riche et puissant demande sa main, son père quelque peu contraint accepte. Horrifiée, Aveline s'enfuit et se cache dans une grotte au cœur des gorges de la Loire.

Mais en pleine guerre de cent ans, des bandes de routiers sillonnent la région, l’obligeant à abandonner son refuge, et elle se retrouve nez à nez avec le baron d'Arlempdes, le voisin et l’ennemi de toujours de la famille Beaufort…

Aventure, amour, complot et trahison, entraînent le lecteur au fil de la Loire sauvage au temps de la chevalerie.




L'auteure

Passionnée d'équitation et d'histoire, amoureuse de la nature et des paysages auvergnats, Nicole Tardy est chevrière à la belle saison et devient romancière lorsque la neige blanchit les hauts plateaux du Mézenc.

_____
 

PROLOGUE
 
1402  Royaume de France  Sud du diocèse du Puy

 
 
            Dans l'air frais de ce petit matin d'automne, le terre-plein sud, entouré des remparts de la forteresse, était étrangement silencieux malgré la dizaine d'hommes présents. Seuls les chocs répétés des épées en bois des combattants et leur souffle haletant troublaient la quiétude des lieux. Les deux jeunes garçons mettaient toute leur fougue pour venir à bout l'un de l'autre. Ce n'était pas un simple entraînement, mais un véritable combat comme l'avait exigé messire Fulbert. D'ailleurs il était là, devant le donjon circulaire, planté sur ses jambes écartées, les mains derrière le dos, si immobile dans ses vêtements gris anthracite qu'il ressemblait presque à une statue de pierre. Mais à chaque minute qui s'écoulait, ses yeux flambaient un peu plus de colère et sa mâchoire carrée se contractait. Pour lui l'issue de cette passe d'armes ne faisait aucun doute. Déjà par deux fois son fils avait dû reculer jusqu'au mur d'enceinte sous la violence des attaques de son cousin. Un filet de sang coulait d'une plaie au front et collait une mèche de cheveux noire sur sa joue maigre, avant de suivre la ligne volontaire du maxillaire et s'égoutter sur le bleu de sa tunique. Chaque assaut semblait l'affaiblir davantage et le baron d'Arlempdes voyait avec rage son rejeton chanceler sur ses jambes. Il ne fut donc pas surpris lorsque son épée lui échappa des mains après avoir reçu un coup supplémentaire à l'épaule droite. Cependant il ne put contenir sa colère en le voyant tomber à genoux d'épuisement.
 

  • Debout, rugit-il. Seul la mort a le pouvoir de faire plier un vrai Montlaur.

Le jeune Amaury fit promptement un pas en avant et tendit une main secourable à son adversaire déchu. Celui-ci s'en empara avec reconnaissance et parvint à se relever, mais sa tête lui tournait si fort, qu'il crut qu'il allait s'évanouir. Le voyant pâlir, un jeune homme se détacha de l'ombre de la muraille et vint entourer de son bras les épaules du garçon afin de le soutenir.
 

  • Tenez bon messire Geoffroy, lui glissa-t-il à l'oreille, votre père vous regarde toujours.

Respirant profondément, le vaincu releva la tête et rencontra les yeux noirs de fureur du seigneur. Il soutint son regard sans broncher, attendant la sentence qui ne manquerait pas de tomber à l'issue de ce combat.
 

  • Suivez-moi tous les deux, gronda messire Fulbert en faisant volte-face et en se dirigeant vers l’accès à la cour nord.

Le jeune Geoffroy se dégagea du bras qui le soutenait, puis redressant le buste tout en serrant les dents pour supporter la douleur qui lui martelait le crâne, avança vaillamment au côté de son cousin. Craignant que malgré toute sa volonté le garçon ne s'écroulât, le jeune homme leur emboîta le pas. Ils allèrent ainsi de concert jusqu'au logis seigneurial. Ils avaient à peine franchi la lourde porte en chêne, qu'ils entendirent le châtelain apostropher les quelques personnes présentes dans la grande salle.
 

  • Sortez tous d'ici !

Telle une envolée de moineaux la valetaille disparut en quelques secondes. Chacun savait ici que les fureurs du maître pouvaient être terribles et nul ne songeait à discuter ses ordres, surtout lorsqu'ils étaient proférés avec une certaine virulence. Le jeune homme faisait déjà demi-tour pour suivre l'exemple des serviteurs, lorsque la voix radoucie du seigneur d'Arlempdes l'arrêta.
 

  • Non, pas vous Guillaume de Chazay, vous pouvez  rester. Ce que j'ai à dire à ces jeunes gens peut très bien être entendu par un loyal écuyer tel que vous.

Touché par le compliment, l’interpellé courba le buste en signe de respect, puis alla s'adosser à la porte d'entrée afin que nul ne pût interrompre l’audience qui se préparait.
Les garçons s'étaient arrêtés à quelques pas de messire Fulbert et s'étaient figés face au regard noir qui les scrutait l'un après l'autre, car celui-ci les étudiait sans complaisance. Le jeune Amaury était de trois ans l'aîné des deux et dépassait d'une bonne tête son compagnon. Son torse et ses épaules étaient déjà puissants pour son âge et un fin duvet blond ombrait sa lèvre supérieure, rappel du chaume qui hérissait son crâne. Ses yeux d'un vert délavé, s'ils n'étaient pas particulièrement beaux, avaient l’indéniable avantage de ne point fuir son interlocuteur, ce qui plaisait fort au maître de céans. Son fils Geoffroy, paraissait bien malingre à ses côtés. Malgré les exercices quotidiens qu'il lui infligeait, son corps ne s'était guère développé, et du haut de ses dix ans, n'eut été la qualité de ses vêtements, il aurait ressemblé plus à un petit paysan qu'au futur châtelain. Seuls, le menton volontaire hérité de son père et la couleur de ses cheveux, indiquaient en lui son lignage. Son regard  bleu de lin, qu'il tenait de sa mère, semblait beaucoup trop doux pour devenir un jour celui d'un farouche guerrier.
Après ce temps d'observation, qui parut interminable aux jeunes gens, messire Fulbert posa sa lourde patte sur l'épaule d'Amaury en déclarant.
Je suis fier de vous mon garçon et je suis sûr que messire Charles de Mirabel, votre père, l'aurait également été s'il avait pu vous voir combattre. Je ne regrette pas de vous avoir pris sous ma coupe à la mort de vos parents et je suis certain que vous finirez par devenir un redoutable chevalier... Quant à vous, mon fils, ajouta-t-il en  tournant un regard dur vers ce dernier, que pourrais-je vous dire à part que vous avez été en-dessous de tout aujourd'hui. Vous vous êtes fait battre comme un enfant à peine sorti des jupes de sa mère.
........

 

CHAPITRE 1

 
Aveline poussa un soupir en regardant le rayon de soleil qui pénétrait par la porte grande ouverte. En cette fin d'avril 1416, après un hiver particulièrement long et rigoureux, le printemps s'était enfin décidé à arriver. Aussi toute la population du château se retrouvait-elle dehors profitant au maximum de cette bienheureuse douceur. Un joyeux brouhaha, fait de conversations et des bruits habituels de la basse-cour, arrivait jusqu'aux oreilles de la jeune fille lui rendant encore plus pénible sa claustration. Elle n'avait qu'une envie, lâcher l’écheveau de soie qu'elle tenait entre ses mains et courir jusqu'à la cour.
 

  • Vous n'avancerez jamais dans votre travail si vous continuez à regarder par la porte, lui fit gentiment remarquer sa belle-sœur.
  • Que m'importe ! lâcha Aveline avec rage. Ce travail n'est de toute façon pas fait pour moi.
  • Bien au contraire, vous êtes une jeune fille noble et il est grand temps que vous appreniez les tâches qui vous incombent. Notre père a trop longtemps négligé cette part de votre éducation. Vous devriez depuis longtemps savoir tirer l'aiguille.

À ces mots Aveline eut une grimace de dégoût. Jamais elle n'avait été attirée par les tâches typiquement féminines. Ce qu'elle préférait avant tout, c'était galoper à travers la campagne et chasser en compagnie de son frère jumeau. Jusqu'à présent son père l'avait soutenue dans ses choix, la laissant bien volontiers faire à sa guise pourvu qu'elle ne demeura pas seule loin du logis. Mais la veille au soir tout avait basculé. Corentin, l’aîné des cinq enfants, avait expliqué la nécessité de faire une battue afin d'éliminer un gros solitaire qui ravageait les cultures de leurs paysans. En habitué de ce genre de traque, Aveline avait donné son avis et c'était là que son frère lui avait répliqué qu'elle n'avait pas à s'en mêler. Suffoquée, elle en avait fait appel à son père, mais à sa grande surprise ce n'était pas elle qu'il avait soutenue. Apparemment il estimait qu'à seize ans, elle devait enfin se comporter comme une femme. Elle avait bien essayé de défendre sa cause, mais rien n'y avait fait.  Au lever du jour, elle avait regardé avec tristesse partir la petite troupe constituée de trois cavaliers et quatre  piqueurs retenant en laisse une quinzaine de chiens. Pour la première fois de sa vie, elle ne serait pas aux côtés de Tristan son jumeau. Et voilà que pour comble de malheur,  son père lui avait ordonné de rejoindre sa belle-sœur afin d'apprendre les rudiments de la broderie.
Soupirant à nouveau, Aveline reposa l'écheveau de soie sur ses genoux et releva la tête afin d'observer dame Bérénice assise à ses côtés. Elle n'était que de cinq ans son aîné, pourtant elle était mariée depuis déjà quatre années avec Corentin et attendait leur deuxième enfant. Elle brodait avec application le carré de soie tendu sur un tambourin qu'elle tenait contre son ventre arrondi. Ses cheveux blond cendré, sagement dissimulés sous un voile de lin rose, lui donnaient l'air d'une madone, d'autant plus que ses yeux gris demeuraient baissés sur son ouvrage...
 

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