Editions Jeanne d'Arc

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25 rue de la Gazelle
43000 Le Puy-En-Velay
Tél. 04 71 02 11 34

Afin que nul n'ignore
Danièle Béal
2012 - 302 pages

Mon père vient de tuer ma mère et à 2 ans 8 mois, je suis le témoin passif du drame
Un témoignage bouleversant

ISBN : 9782362620249

Quantité :

20.00 €


Format A5 - 302  pages
 

« Papa méchante, battu maman, poussé maman par la fenêtre »

Mon père vient de tuer ma mère et à 2 ans et 8 mois, je suis le témoin passif et ingénu du drame. "L’autre" a précipité ma maman Ginette depuis le neuvième étage.

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Pour échapper à une atmosphère familiale brutale, à 18 ans, Ginette amoureuse de "l'Autre", va vivre avec lui, se jetant ainsi, entre les mains d’un prédateur. Comment aurait-elle pu imaginer un instant que sa vie de femme allait la propulser dans le pire des cauchemars ?

Dans un climat de violence, la naissance de sa fille Angèle fut pour elle un rayon de soleil qu’elle n’aura pas vu briller longtemps.

_____
 

Danièle, la sœur de Ginette, raconte les abominations familiales, les atrocités de "l'Autre" ainsi que les lacunes de l’appareil judiciaire.

Ce livre est le récit de l’énergie colossale déployée par Danièle pour faire éclater l’incroyable, l’insupportable vérité.

Ce n’est pas un roman à la Zola mais la narration du vécu, exprimée avec beaucoup de pudeur et de retenue.


Prologue
 

Comme nous en avons l’habitude, nous nous sommes réfugiées, maman et moi, sous notre cerisier dans le jardin, en cet après-midi de juin 2005 où le soleil est de plomb.

Nonchalamment installée dans la balancelle je regarde maman et à quatorze ans je goute pleinement le bonheur de cet instant.

Inlassablement, maman trace, nuance, estompe sur sa toile. Elle repeint ce monde pour y créer des refuges. Celui ou celle qui y trouve le sien croit emporter une toile sans en payer le prix. C’est une erreur. Maman se paie, s’enrichit, dérobe le subtil de la création dans le regard du nouveau propriétaire.

Quant à moi, je viens de terminer de lire une épopée philosophique où les mots cherchent, retournent, retracent, dans ce monde le prétendu humain.

Comme un métronome en fin de course, ma confortable balancelle s’arrête. Je regarde la reposante scène. L’esprit au cœur de sa toile, d’un geste machinal, maman remonte ses lunettes avec le revers de sa manche.

? Tu as de la peinture sur le nez !

Elle rit de bon cœur : c’est tellement habituel ! Après ce moment de joie spontanée, je reprends plus grave :

? Je ne sais toujours pas comment esquisser mon passé. Je me gave de récits d’auteurs à la plume alerte alors que le fusain qui trace mon passé n’est taillé que partiellement. Toi sur tes toiles, tu cries ta colère avec le rouge, tu pleures avec le bleu, tu ris avec le jaune. Pour saisir les indignes primaires que sont certains personnages de notre histoire, je n’ai aucune couleur. Les émotions qu’ils véhiculent, ne sont que couleurs mortes sur ma palette.

Maman vient s’asseoir près de moi, et remet la balancelle en mouvement.

? Pour devenir, me dit-elle, le chef d’orchestre des couleurs de la vie, il faut d’abord se connaître, comprendre les réactions, fussent-t-elles incompréhensibles. Laisse éclore tous les sentiments de tes entrailles et s’éteindre l’horreur. Hurler plutôt que te taire, écrire plutôt que trembler et peindre plutôt que t’encroûter.

? Raconte-moi ton histoire qui d’une certaine manière est la mienne, je voudrais en savoir davantage pour pouvoir en comprendre les enchaînements.

? Bien sûr ma fille. Par quoi veux-tu que je commence ?

? Par ce que tu estimes être le début.

Maman esquisse un timide sourire et continue à me bercer.

? Alors écoute, Angèle.

 





 


 

 

PREMIERE PARTIE

 

LA MAISON DU BORD DE L’EAU

 

1. LE QUAI ASPIRANT HERBER

 

Enfouie sous d’autres souvenirs, cette aventure se noie comme dans des sables mouvants. Elle est sur le point de disparaître derrière des biographies endimanchées, celles des oraisons funèbres. Derrière le récit des autres aussi… Sous le cône de lumière d’une lampe de bureau, dans une nuit déjà privée d’étoiles, je l’écris pour qu’elle existe ailleurs que dans mon esprit, pour qu’elle ne disparaisse pas avec moi, n’ignorant pas cependant que l’homme âgé que je suis devenu prêtera beaucoup de lui-même à l’adolescent que j’étais.

 

J’éprouve le besoin de la raconter à quelqu’un, telle qu’elle a été vécue dans ce monde qui chavirait. Je m’adresse à un inconnu, à un témoin imaginaire, à un confident d’un autre siècle, à qui je voudrais parler sans crainte. S’en est allé le temps des origines frelatées. Restent les images de nos mémoires, réelles ou rêvées, car les souvenirs de l’imaginaire deviennent un jour réalité…. Vient ce film projeté en marche arrière, dans lequel le bouquet déchu d’un feu d’artifice de 14 juillet en reviendrait miraculeusement à ses gerbes luminescentes.

 

Pour tenter de rendre vie à cette histoire, il me faut remonter à février 1942. Nous avions perdu la guerre vingt mois auparavant dans la plus lamentable défaite que notre pays ait jamais connue. La France était partagée en deux parties d’inégales importances, séparées par une « ligne de démarcation », véritable frontière étroitement surveillée par nos vainqueurs. Nous étions gouvernés de Vichy par le Maréchal Pétain, dictateur aux apparences bonhomme, en qui la plupart des Français avait encore confiance, parce qu’il avait arrêté un massacre éclair de cent soixante-quatre mille morts et de deux cent mille blessés. Il promettait d’atténuer notre déshonneur par la patience et le travail, dans une France radieuse et relevée, laissant espérer pour bientôt le retour du million huit cent cinquante mille prisonniers retenus en Allemagne. Et même si l’opinion publique tournait lentement ses regards vers Londres, notre pays était encore habité, quoi qu’en pensent les mémoires courtes et sélectives, par « Quarante millions de pétainistes »…

 

Nous vivions en « Zone libre », dans ce port de Sète toujours animé en raison de son commerce maritime avec l’Afrique du Nord. Réserve faite de sévères restrictions, principale préoccupation de nos compatriotes, et de commentaires sur de lointains combats, nous avions le sentiment que notre guerre était terminée depuis l’armistice. Mes parents demeuraient particulièrement discrets sur ce chapitre, même si notre père ne paraissait guère favorable au régime alors en place. Dès que l’Angleterre aurait capitulé, ce qui ne faisait guère de doute dans l’esprit de la plupart, beaucoup pensaient que ces envahisseurs, que nous n’avions vus que sur des revues ou aux « actualités », tels des personnages de feuilleton, quitteraient notre lointain territoire occupé et que tout redeviendrait comme avant...

 

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