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Les soleils de l'enfance 
Régis VASSEUR
2012 - 266 pages
L'histoire de Simon qui va découvrir une éducation prodiguée par les bons pères et connaître l'amitié.

 

ISBN : 9782362620195

Quantité :

18.00 €

Format 14,8 X 21 cm - 266 pages

Résumé - Auteur - Lire quelques pages
 

Résumé
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   Les soleils de l'enfance nous plonge au cœur des années 1960 dans une bourgade de Haute-Loire. Régis VASSEUR conte l'histoire de Simon, petit garçon sensible, qui grandit au sein d'une famille aimante. Son père, marchand de charbon, compte bien faire de lui son successeur. Mais Simon envisage sa vie différemment et demande à ses parents de l'envoyer à St Jean-Baptiste, un collège catholique de Saint-Étienne. C'est ainsi que l'enfant va découvrir l'éducation prodiguée par les bons pères. Il va connaîtra l'amitié et vivra les tendres retrouvailles familiales pour les vacances. Mais le petit garçon va rencontrer l'injustice et les déceptions, dont ses éducateurs sauront tirer parti pour l'aider à se construire. L'auteur nous fait vivre une enfance particulière à travers les yeux d'un blondinet et de ses deux fidèles copains. Il nous livre une œuvre sensible avec des personnages sincères et attachants, tirés de ses souvenirs.

 

Auteur
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Régis VASSEUR est originaire de Rethel dans les Ardennes. Il fut interne pendant deux ans au collège catholique de Reims. Il a longtemps habité à Bas-en-Basset, une commune de Haute-Loire. Ce féru de poésie a publié Prosper des Pentues aux Éditions Jeanne d'Arc.

 

Lire quelques pages
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  Chapitre 1

 

 

Comme tous les samedis après-midi, Simon n'était pas à l'école. Il était rentré vers midi, juste à temps pour le déjeuner. Les autres jours il restait à la cantine et ne regagnait la maison que vers 17h00. Assis à même le sol, seul comme d'habitude dans la grande cour balayée par le vent, il jouait ; tout du moins il en donnait l'impression. Aussitôt le repas expédié il s'était éclipsé et avait redémarré ses travaux, construisant des routes à l'aide de ses petits véhicules et d'une flopée de personnages. Depuis la veille au soir, il menait à bien le plus grand chantier du monde, transportant, charriant et déversant des tonnes de matériaux pour arriver à ses fins. Il était ingénieur, conducteur de pelleteuse, camionneur et ouvrier en même temps. C'est qu'il en fallait des métiers pour mener à bien son projet. Pour n'importe quel visiteur arrivant chez Barral le marchand de charbon, le sentiment qui primait était toujours le même : Simon n'était pas un enfant difficile et semblait s'amuser de tout et de rien. Et tout ceci sans que quiconque ne se demande un seul instant pourquoi il était toujours  seul ! Il n'avait pas eu la chance d'avoir des frères et sœurs pour s'amuser. Une fois il avait osé poser la question à sa mère ; celle-ci s'était rapidement retranchée dans de vagues explications d'où il ressortait que le Bon Dieu devait l'avoir jugé inutile et qu'il fallait accepter sa décision. Du coup, ses parents le couvaient presque un peu trop, reportant sur lui tous leurs espoirs d'adultes.

C'était un beau petit garçon de 10 ans aux cheveux mi-longs et bouclés encadrant un visage aux traits d'une rare finesse. Les fées avaient dû se pencher sur son berceau car il avait ce même regard de félicité que les saints que l'on pouvait admirer sur les vitraux dans la nef de la cathédrale Notre Dame. D'ailleurs, les amies de sa mère le lui répétaient assez souvent. 

C'est vraiment à se demander si ce n'est pas lui qui a posé comme modèle.

Invariablement et avec malice elle rétorquait en levant les yeux au ciel. 

Je sais que Lui là haut Il me connaît bien, mais de là à me faire cet honneur !

Michèle était croyante et bonne pratiquante mais ne se considérait en aucun cas comme une bigote bien que son homme la traita parfois de grenouille de  bénitier, Joseph, petit et râblé, était toujours noir comme une horde de corbeaux. Il faut dire que quand on passe ses journées à charger et décharger des sacs de boulets ou de briquettes d'anthracite, on ne pouvait pas être aussi blanc que l'aube d'enfant de chœur que son fils enfilait chaque dimanche matin pour servir la messe.

Tu vas bien m'en faire une femmelette, avait-il l'habitude de maugréer envers son épouse.

Il acceptait l'existence du Bon Dieu mais sans plus et ne s'était marié à l'église que pour ne pas se fâcher avec toute la famille. Du reste, depuis, il n'y avait remis les pieds qu'en de très rares occasions comme les obsèques de parents ou d'un bon client. 

**

Dès qu'il entendit le bruit caractéristique du moteur du vieux Renault, Simon se releva d'un bond et se précipita en direction du portail en fer qui donnait sur la rue. Il y arriva juste à temps et le camion trouvant les battants grands ouverts, n'eut qu'à s'engouffrer dans la cour, poursuivi  par  un nuage de poussière qui rendait l'atmosphère opaque. Après avoir soigneusement refermé et tourné la clé, le garçon revint en courant pour accueillir son père et Gustave l'ouvrier de celui-ci, qui ne manquait pas une occasion de l'asticoter gentiment.

Alors gamin, j'ai bien cru que j'allais être obligé de défoncer la porte pour rentrer aujourd'hui !

C'était une répartie dans laquelle Simon mordait sans coup férir. 

Ça risque pas ! Avec le barouf que tu fais on t'entend arriver de l'autre côté de la Loire.

Gus travaillait là depuis bien longtemps. Il était arrivé un peu par hasard au début des années 1950, avec dans sa poche la recommandation d'un ami du patron originaire du même village que lui. La quarantaine bien sonnée, il n'avait pas de compagne et vivait solitaire dans les deux pièces d'une petite maisonnette derrière le dépôt. 

Je suis bien tout seul affirmait t-il à qui voulait l'entendre. Au moins je fais ce que je veux !

Mais quelle femme aurait donc voulu d'un homme qui ressemblait plus au diable qu'à l'un de ces jeunes galants, empesés jusqu'au col de chemise, que l'on voyait parfois au bras de vieilles dames fortunées ?  Tous les jours, levé aux aurores, il commençait par déjeuner, faisant chauffer son café  sur  la  plaque  d'un  vieux  fourneau rempli de coke, un résidu de houille qui rougeoyait facilement. Ensuite il se débarbouillait avec de l'eau à bonne température tirée d'une bassine qui restait à demeure sur un coin du feu. Il appréciait grandement cette commodité résultant d'une petite attention de la patronne qui l'avait pris en amitié lorsqu'il avait été embauché. 

Tu ne vas quand même pas laisser ce garçon sans rien pour se chauffer non, avait-elle lancé à son mari dès les premiers froids installés. 

T'en fais donc pas, le bonhomme est solide avait–il répondu sans plus de façons.  

T'as raison, et quand il sera  malade  tu  feras  le travail tout seul comme un grand ! Et puis les clients tu y penses à ce qu'ils vont dire ! 

Quoi les clients ?

Cet hiver, tu iras leur expliquer que ton commis est au fond de son lit parce l'eau gèle à son robinet. Tu ne crois pas que ça la ficherait plutôt mal. Le marchand 

de charbon qui laisse son ouvrier dans le dénuement le plus complet ! Alors là, tu peux être sûr qu'il s'en ferait des gorges chaudes dans notre dos. Tiens je vois ça d'ici. 

Madame Barral fait de grands gestes en l'air comme si elle écrivait.

L'employé d'un charbonnier victime du froid dans son logement. Un beau titre pour la Une du journal tu ne trouves pas ?  




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