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43000 Le Puy-En-Velay
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Pépé, raconte-moi Lafayette 
Bernard ASTRUC
2012 - 112 pages
Le portrait du célèbre général né en Haute-Loire : le Marquis de La Fayette.

ISBN : 9782362620225

Quantité :

14.00 €

Format 14,8 x 21 cm - 112 pages
 

4ème de couverture
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   Après Pépé, raconte-moi la bête du Gévaudan, Bernard Astruc s’est intéressé dans ce nouvel ouvrage au célèbre général et non moins connu Gilbert du Mottier marquis de La Fayette. Né en Haute-Loire à la fin de l’été 1757, il a marqué un demi-siècle d’histoire. À travers ce texte haletant, Bernard Astruc dresse ici un portrait fidèle à l’homme qui s’est battu pour offrir aux États-Unis leur indépendance. Mêlée à de véritables citations, l’histoire conte les étapes clés qui ont marqué l’existence de ce héros originaire de Chavaniac.

 

Auteur
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Bernard ASTRUC est médecin généraliste à Langeac en Haute-Loire.
Il fait partie du Groupement des écrivains médecins de France.
Cet ouvrage est le neuvième de l'auteur.

 

Lire quelques pages
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    CHAPITRE 1

 

L’ENFANCE DE LA FAYETTE EN AUVERGNE



La famille, le village

 

Les chèvres de François se sont échappées, la nouvelle court les ruelles du village. Elles sont parties en direction des bois de Jax. Les enfants, pieds nus ou en sabots, se regroupent. François est un vieux, un ancien militaire cassé par les campagnes. Un coup de sabre lui a emporté l’oreille, un boulet de canon tordu la jambe. Ici, dans ce coin d’Auvergne, on respecte ces personnages survivants des champs de bataille. Et pour cause, au château tous les hommes y ont laissé la vie.

Dans un village, il n’y a pas de différences de naissance entre les enfants ; la nature seule accorde des privilèges et la meute s’organise. Le plus fort y côtoie le plus agile ; le meneur, le boute-en-train, le souffre-douleur, le plus leste, l’intellectuel. 

Les garnements forment un groupe et se lancent à la conquête d’un territoire qui s’étend aux limites du hameau. Plus loin, c’est l’inconnu, l’autre, le voisin, l’ennemi.

Chavaniac ne dérogeait pas à la règle. Gilbert, le fils du château, partageait les jeux des enfants de son âge. Bien que de haute noblesse, on lui lâchait la bride.

Le garçon était grand, roux, costaud, intrépide, tout pour être le meneur de la bande. Il grimpait aux arbres, escaladait les rochers, nageait dans la rivière et quand il ne montait pas à cheval il courait par les chemins. A l’époque les enfants travaillaient dur, qui aux champs, qui à l’atelier. La marmaille nombreuse encombrait les maisons où l’on vivait chichement, aussi n’était-il pas rare que les enfants soient loués dans les fermes alentours. Si la chance les accompagnait, ils tombaient dans une bonne demeure et y recevaient leur dû. Souvent ils se retrouvaient chez des rustres qui les exploitaient et les maltraitaient. Il ne faut pas imaginer des gosses oisifs courant les rues à la recherche d’un bon coup. Il n’empêche, le petit Marquis fréquentait les garnements sans faire d’histoire. A peine si on le différenciait à la qualité de ses vêtements ; d’ailleurs il se chargeait de les mettre au diapason des frusques du village, dès franchies les grilles du château. 

Ce jour-là, il prend la tête de l’expédition partant à la recherche des chèvres de François : une journée à crapahuter dans les collines à la poursuite du maigre troupeau. Qu’est-ce qui leur a pris à ces biquettes, que le vieil estropié traite comme ses enfants en les appelant par leur prénom ? C’est plus facile de ramener une vache égarée que des biques qui sautent de roches en roches et se moquent des bourbiers. La partie est rude mais les trappeurs sont vaillants !

Le village de Chavaniac se situe à environ 100 km au sud de Clermont-Ferrand et là, grosso modo, à mi-distance du Puy en Velay et de Brioude. Il s’appuie sur les contreforts des monts du Forez et la plaine limoneuse qui encadre les rives de l’Allier jusqu’à Langeac, vient mourir à ses pieds. Au sud, les monts de la Margeride barrent l’horizon : c’est le Gévaudan situé à l’extrémité nord de la province du Languedoc. Dans un cadre bucolique, enclavé, le Marquis de La Fayette va passer les années d’une enfance heureuse. Il goûte aux plaisirs simples de la vie à la campagne et participe aux travaux. Pourvu d’une robuste constitution, il traîne des pierres, soulève des balles de foin ou de paille, porte des brassées de bois. En mettant la main à la pâte, Lafayette s’attire la sympathie des habitants du village. La population estime cette famille loin de la noblesse d’opérette ; le nombre de ses enfants tombés sur les champs de bataille témoigne que l’honneur n’y est pas un vain mot. 

Ce fils de famille peut-être le fier, porter haut. Ce n’est pas dans son tempérament. Son bonheur, il le trouve au cul des vaches en compagnie de ses copains. 

Cette liberté, il la devait à sa gand-mère, la Marquise douairière de Chavaniac. Une forte personnalité qui connaissait le prix de la vie. Son époux, son fils, son gendre étaient tombés au Champ d’honneur. Aussi de voir son petit-fils éclatant de santé et de bonheur réjouissait ses dernières années. 

Fauché au combat, en pleine jeunesse, à l’âge de 27 ans, Michel de La Fayette  abandonnait une jeune veuve et un fils de 2ans. Gilbert vivait au château entouré de femmes : sa grand-mère, sa tante demoiselle, sa tante veuve avec sa fille Julie. 



« Il était naturel que j’entendisse beaucoup parler de guerre et de gloire dans une famille toujours occupée de ses souvenirs et de ses regrets, et où la mémoire de mon père était adorée. »

 

Julie était plus jeune que lui et ils s’aimaient comme frère et sœur. 

Sa mère résidait le plus souvent à Paris dans sa famille. 

Au sortir de ce cocon, ce grand gaillard ressentait le besoin de se défouler et d’ébrouer sa robuste carcasse. Quand il ne participait pas aux travaux, en compagnie d’une bande, il braconnait la truite ou le lapin, ou prenait place dans les battues aux loups. 

 

« Gilbert de La Fayette était un beau rouquin dégingandé, dont l’œil couleur châtaigne rappelait  le fruit piquant des forêts. Comme il n’avait jamais connu son père, hélas tué à la guerre, le petit marquis n’obéissait à personne. Sa mère, sa tante, vieille-fille à perruque et l’abbé chargé de lui apprendre dix mots de latin et un soupçon de catéchisme essayaient vainement de retenir le gosse turbulent au manoir de Chavaniac. Caresses, menaces, peu importait ! »

Dixit Princesse Lucien Murat


Au contact des gens simples, Gilbert apprit le bon-sens, le tour de main et l’endurance au froid à l’effort et à la faim. Toutes ces qualités lui seront précieuses quand il se retrouvera confronté aux rigueurs des campagnes militaires. Ce garçon courageux, opiniâtre, avait le contact facile. Son côtoiement des gens du peuple lui sera aussi d’une grande utilité et lui vaudra une grande popularité. 

Ainsi se dessine la silhouette d’un gars solide et bien né mais pas bégueule pour deux sous, tout à la fois Marquis et bûcheron, noble et paysan ! Cette complémentarité le suivra toute son existence pendant laquelle il demeurera l’homme du juste milieu.

Dans ce petit village de 250 âmes il ne se passait pas grand chose ; la vie s’écoulait au rythme des saisons.  Les fermes de l’époque, dans cette région, possédaient environ, pour les plus grandes, dix hectares. Quelques bêtes à cornes, des vaches pour le lait et une paire de bœuf composaient le gros du cheptel. On y trouvait aussi souvent des porcs, une cinquantaine de moutons, des poules et un rucher. Quelques champs fournissaient le seigle, l’avoine et le froment. Souvent un verger et un jardin clos complétaient le patrimoine. Les plus aisés possédaient un attelage et ne manquaient pas les foires qui ponctuaient le calendrier. 

Lafayette, grand gaillard débordant d’énergie, affamé de liberté, trouvait son compte dans ce village du cœur de l’Auvergne. Entre famille aimante et campagnards amènes, église et château, tavernes et échoppes, bois et prairies, rivières et chemins creux, l’enfance passait gaiement. 

« L’odeur pestilentielle du bouc a guidé la troupe de garnements près du ruisseau, entre les Vignes et la Ribère. 

Bon-sang, il pue presque autant que François son maître ! 

Séparons-nous en deux groupes et regroupons-nous au moulin. Si on ne les a pas trouvées on grimpera jusqu’aux Spartines, la-haut il y a une source qui ne manquera pas de les attirer ! » 

Ainsi parlait un grand rouquin aux brailles rapetassées.

 

 



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