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43000 Le Puy-En-Velay
Tél. 04 71 02 11 34

La Croix de Résurrection 
Pascale BLAZY
2012 - 258 pages
De curieuses coincidences entre le Moyen Âge et de nos jours à Saint-Jean-le Pré...
http://pascaleblazy-livres.over-blog.com/

ISBN : 9782362620188

Quantité :

18.00 €

Format 14,8 X 21 cm - 258 pages

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Résumé
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   Saint-Jean-le Pré, en ce jour de la saint Jean de l'an 1223 : on célèbre les épousailles du seigneur Enguerran de Belrocaille et de la jeune Emiliane. Vassaux et villageois sont rassemblés, on espère un héritier mâle.
   Saint-Jean-le Pré, de nos jours, fête de la saint Jean : parmi les villageois, les nouveaux arrivants : Irina, jeune femme amnésique et Serge, son mari… Paul, cet antiquaire, qui semble avoir traversé le temps... Et Fred, ce collectionneur avide, qui ne sort jamais de chez lui.
   De curieuses coïncidences, de troublantes ressemblances et les échos du passé qui s'en viennent ricocher et troubler le miroir lisse du présent… Et cette croix, activement convoitée, qui glisse entre les mains de celui qui croit la posséder...

 

 

Auteur
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Pacale BLAZY vit en Haute-Loire où elle est bibliothécaire.
Après des nouvelles publiées dans des concours d'écriture, un recueil de contes : la légende du violon noir et un premier roman : Champage, caviar & meilleurs voeux, elle propose au lecteur sa nouvelle fiction transgénérationnelle.

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   A peine l'aube fleurie, en ce jour de fête du saint patron du bourg, qu'ils s'étaient réunis sur l'esplanade devant l'église.
   Le curé les avait conduits jusqu'au modeste logis d'Odonette. Elle attendait,  resplendissante dans son habit de toile blanche, ses longs cheveux blonds détachés auréolaient son visage pâle où ses yeux, d'un noir profond, luisaient de ferveur.
   Deux petites filles s'étaient avancées vers elle, la plus jeune lui tendit une couronne de marguerites, Odonette ploya le genou et l'enfant la lui plaça sur la tête ; l'autre fillette lui offrit un énorme bouquet de marguerites et de silènes mêlés. Les fleurs dans les bras, Odonette se pencha au-dessus des petites demoiselles et leur déposa un baiser sur le front, puis elle se tourna vers la foule rassemblée et prit la tête du cortège à travers le dédale des rues de la bourgade. Le curé lui emboîta le pas suivi par les fidèles, tantôt chantant des cantiques, tantôt psalmodiant. Les enfants, à tour de rôle, s'en allaient donner la main à l'idole du jour.
   Ceux qui n'étaient pas encore présents se pressaient de rejoindre le groupe. Bientôt ils furent tous là, à l'exception des trop vieilles personnes qui se contentèrent de saluer le cortège du pas de leur porte.
   Du haut de la tour de son château, Enguerran suivait la progression du cortège qui serpentait dans les ruelles. Il avait quitté sa couche aux prémices de l'aube pour s'en aller respirer l'air vivifiant du matin en ce premier jour de l'été. La journée serait longue, placée sous le signe de la fête. Un court instant, il lui vint l'idée de se précipiter à la suite de la procession, il l'abandonna aussitôt, était-ce la place du seigneur ? Qu'aurait fait son père ? Il lui manquait.

   Une fois la porte du bourg franchie, Odonette entraîna les habitants sur le chemin de la forêt.
   La journée serait belle. Sous les rayons du soleil, les perles de rosée scintillaient, émaillant le chemin et mouillant les braies de ceux qui s'en écartaient pour aller cueillir des fleurs dans les hautes herbes.
   Bientôt la maisonnette apparut juste à l'orée du bois : elle était petite, ne comportant en tout et pour tout qu'une seule pièce, éclairée par une petite fenêtre placée un peu en hauteur, une ouverture béante sans vantail servait à pénétrer dans l'édifice.
   Le curé s'y engouffra le premier pour bénir chaque chose : un escabeau, une paillasse, quelques ustensiles de cuisine, un petit foyer, un minuscule coffre, où était rangé un surcot de laine bise. Une gigantesque statue en bois, grossièrement taillée, représentant la Vierge Marie, reçut aussi la bénédiction du prêtre, ainsi que  les murs. Puis, il sortit poursuivre l'opération, en faisant le tour de la maisonnette.
   La foule muette attendait.
   Odonette agenouillée priait. Alberte, sa mère, juste derrière elle, semblait partagée entre la joie de savoir que sa fille avait été touchée par la Grâce et la tristesse de la séparation et de la solitude. Odonette était son unique enfant.
   Elle devait avoir une douzaine d'années lorsque la Vierge lui était apparue pour la première fois, ici même, à l'endroit exact où les hommes avaient bâti cette maison. Alberte n'en avait parlé à personne de crainte que l'on ne prit sa fille pour une illuminée ou une menteuse. Les visions s'étaient multipliées et Odonette s'en était ouverte au curé, la nouvelle s'était répandue dans le bourg. Au début, certains médisants avaient semé le doute, puis, peu à peu, devant la foi grandissante de la jeune fille, la majorité s'était ralliée à l'idée qu'un jour la très Sainte Vierge appellerait l'élue à ses côtés. C'est ce qui se produisit au sortir de l'hiver, au matin de ses seize ans. La neige n'avait pas encore complètement fondue que les hommes s'attaquèrent à la construction de la maison.
   Le curé s'avança vers Odonette toujours en prière, il leva les bras et toute l'assemblée s'agenouilla, seule resta debout dame Hildegarde qui avait quitté le château en catimini, accompagnée par Mamet, son petit protégé. Mamet était le plus jeune des enfants de la famille des charbonniers qui vivait au coeur de la forêt. Ils étaient là eux-aussi, venus directement et se tenant un peu à l'écart du groupe. Dame Hildegarde était avec eux. Sa présence fut très remarquée et serait, sans doute, largement commentée. Elle ne s'était pas agenouillée, le curé et Dieu ne lui en tiendraient pas rigueur, ils savaient bien que depuis son accident certains mouvements étaient devenus pénibles, voire impossibles. Elle courbait la tête toute à sa prière.
   Aliette aussi s'était échappée, abandonnant son service au château, pour accompagner sa meilleure amie. Se tenant tout près de l'élue, elle ne priait pas. Les yeux mi-clos, elle laissait aller son esprit. Elle se souvenait de leurs jeux, de leurs courses dans les rues du bourg, de leurs promenades en forêt, de la première fois où Odonette lui avait confié ses visions, de son changement et de ce jour où elle lui avait annoncé qu'elle allait se retirer du monde pour vivre en pleine communion avec la Vierge Marie. Aliette avait d'abord essayé de l'en dissuader en lui parlant de tous les garçons qui la courtisaient, de mariage, de famille, puis elle avait compris que rien ne la ferait renoncer. Résignée, elle l'avait prise pour confidente, lui racontant ses amourettes, ses petits soucis de travail et les murmures de couloirs du château.
   Lorsque le curé eut béni une dernière fois Odonette et la foule, la jeune fille se leva et, en chantant un cantique, de sa voix claire et mélodieuse, pénétra dans la maison sans regarder derrière elle.
   Quelques hommes se levèrent et commencèrent à murer l'ouverture, tandis que l'assemblée, toujours à genoux, priait.
   Odonette s'était tue, ceux qui étaient près de la porte la voyaient prosternée devant la statue de la Sainte Vierge.
    La dernière pierre placée, les hommes se reculèrent. Le visage radieux de la recluse s'encadra alors dans l'unique ouverture de la maison. Elle les remercia tous et leur assura qu'elle intercéderait pour eux auprès de la très Sainte Vierge. Ils se levèrent, déposèrent au pied de la porte murée les fleurs cueillies en chemin et regagnèrent le bourg en silence ; quelques commères soutenaient Alberte qui pleurait. Les charbonniers s'enfoncèrent dans la forêt et Hildegarde rejoignit le château en compagnie de Mamet, Aliette avait filé à travers bois et champs.

 

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