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43000 Le Puy-En-Velay
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La Dame brune
Pierre Boulon
2010 - 336 pages

L'inspecteur Vivien Laubier avec son amie Clémence, font de surprenantes découvertes dans ce manoir trop tranquille...

ISBN : 9782911794865

Quantité :

19.00 €

Format 14 X 22,5 cm - 336 pages

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Résumé
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Qui est la Dame brune ?
Qu'arrive-t-il à ceux qui vons ont aperçue ?
Pourquoi ce mystère ?
Un vanneau pendu par les pattes au-dessus d'un chaudron noir.
Une poupée de chiffons poignardée.
Un manuscrit.
Un souffle ensorcelant...

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Auteur
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Né en Haute-Loire, Pierre Boulon passe son enfance entre Meygal et Lizieux. Après La rivière aux secrets, La fille du pont et Le mystère de l'AZUR, dans ce quatrième roman, le lecteur retrouve les personnages attachants des premiers romans.

 

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Le dernier de Sagnesorbiers

1967

Le soleil filtre à travers les vitraux de l'église. C'est un dernier clin d’œil à Nestor Campelou, cet ami des landes sauvages qui se trouve là, dans son cercueil, pour avoir, paraît-il, trébuché sur son fusil en chassant le vanneau.

Nestor Campelou pensait qu’il s’en irait sans bruit de ces terres silencieuses où le hasard n’a semé qu’une pincée de maisons et un manoir tranquille. Sans famille et sans argent, il disait que sa mort ne déclencherait ni larmes ni guerre d’héritage. Sans relations ni proches voisins, il laissait entendre qu’il n’aurait pour toute cérémonie que celle des oiseaux de nuit.

Tu n'avais pas vu juste, Nestor ! Laisse ton esprit vagabonder et tu sauras qu'ils arrivent, dans leurs beaux habits, pour tes obsèques. Les uns après les autres, regarde-les venir devant.

La Gigie du café est la première à donner du talon sur les dalles de l'église. Un grand mouchoir à la main pour les larmes, elle rend hommage à ta pomme, Nestor. Et ce n'est que justice, vu que tes sous allaient à son commerce. Ces quatre sous dont Ciel et diable réunis te créditaient parfois. Quelques espèces sonnantes et trébuchantes qui, selon la rumeur, t'auraient fait trébucher sur ton fusil, à cause du vin que tu avais pu t'offrir au bistrot. Rongée par le chagrin de perdre, sinon ta bouille, du moins ton porte-monnaie, la Gigie est donc là, prête à s'éponger les yeux s'il advenait qu'elle entende sur toi des choses à faire pleurer.

Voici, sous sa tignasse yéyé, le Charlie du pont. Comme il n'est pas de ta génération, il aurait pu rester chez lui. Mais il a menuisé ton cercueil ! Ça lui donne le privilège de l'ébéniste, celui d'être, pour une heure encore, à côté de l'objet ouvragé qui sera sous la terre dans un moment. Il n'y a pas que le côté flatteur du bois verni qui a dû faire venir le Charlie. Il t'apporte des fleurs ! Il avait l'air de plutôt bien s'entendre avec toi ? Quand tu passais au pont, tu faisais le détour par sa menuiserie pour qu'il te paye un canon. Il arrêtait ses machines et vous buviez un verre au milieu des copeaux. Ça crée de la relation.

Capucine Fay et son petit Casimir ! Elle devant et lui derrière : à eux seuls, tout un cortège. Nestor, que penses-tu d'eux, qui gardent le château ? Depuis que t'es mort, t'as sans doute l'esprit ailleurs, ça ne facilite pas le travail de ceux qui souhaitent se faire une idée de ces gens. Cependant, à qui voulait bien l'entendre, tu le claironnais : sans les Fay, le château ne serait rien. Capucine et son Casimir ! Tu portais aux nues ce personnel de service du manoir pour mieux enfoncer ses nobles propriétaires que tu taxais d'aristos de mon cul, en tout cas au début de leur présence au pays. Parfois, t'étais guère poli et t'as dû en froisser quelques-uns.
La Gigie du café, le Charlie du pont, le Casimir de la Capucine, la Capucine du Casimir. Ces quatre-là, Nestor, c'était à peu près sûr qu'ils viendraient, même s'ils ont des griefs qu'ils tiennent cachés.

Mais voici les autres !
La noblesse elle-même est à tes côtés. Cette bourgeoisie dont la seule particule te donnait des boutons, au moins au début : Hélène de Vallantée, Charlotte du même nom et le petit Laurent. Avec ses deux femmes et le mouflet, c’est tout le château qui se dérange. Nestor, toi le rat des champs, t'es gêné ou t'en rigoles ? Ceux qui te connaissent te verraient bien brocardant encore celle que tu t'empressas de baptiser la baronne, une souris des villes venue résider au manoir, pour l'état civil Hélène de Vallantée, portant ici talons-aiguilles et chapeau. Et sur l'autre, l'affriolante Charlotte que minijupe déshabille un peu haut, que marmonnerais-tu, Nestor ? On te savait le verbe assez vagabond pour lui coller autrefois l'étiquette de poule du beau monde, une fille à troubler, sous ses bas haut perchés, légion de bonnes gens y compris d'église.

Pour un enterrement, tout change alentour. Ce hennissement ? Nestor, tu dois le savoir : dehors, c'est le cheval du château. Celui-là, tu l'avais baptisé Croquemort de Vallantée. Croquemort lui est resté. Rappelle-toi : quand il venait jusqu'à toi, au bord du chemin, tu lui caressais les naseaux pour qu'il rie. En le regardant te montrer ses dents, invariablement tu allais lui dire sous le nez : « Tout mon respect, Croquemort de Vallantée ! Ça te dirait, hein ! de m'emmener au cimetière. Hé ben y fait trop beau ! je va plutôt m'en aller à Sagnesorbiers. Toi, retourne au petit Casimir, il a dû te garder de la besogne »...
Mon pauvre Nestor, pour chacun vient un jour où le soleil n'est plus. Aujourd'hui est ton jour : selon l'usage, c'est à Croquemort qu'a échu de porter ta peau trouée. Pour commencer, ça n'a pas été de tout repos pour le gardien du château. Il a fallu que Casimir étrille Croquemort pour le mettre beau.
Croquemort n'a pas eu la vie facile non plus. Il a fallu qu'il tire le corbillard sur des chemins qui ne sont guère carrossables, surtout du coté de Sagnesorbiers. Ce n'était pas une tâche simple que d'aller te prendre là-haut pour te conduire au bourg ! Du côté de chez toi, ça n'en finit pas de riper, sauter. Après, même raviné par endroits, le sable porte plus doux. Heureusement, à partir de la Croix de la Dame, le goudron c'est du billard ! Mais tu ne l'ignores pas : une fois traversée l'Auzelle, il faut remonter jusqu'au village, qui est encore loin... Bon, c'est une affaire réglée ! Ceux qui t'ont amené vont pouvoir maintenant se reposer dans l'église.
Croquemort, lui, c'est autrement : en attendant de te reprendre pour le cimetière, il faudra qu'il ne perde pas son sang froid, attaché dehors. Il va penser que la vie est mal faite ! Lui, le convoyeur, à lécher les pierres de l'édifice, à se faire embêter par les mouches et à donner de la crinière pour les chasser. Toi, le roi du jour, protégé de tout, à te faire dorloter à l'intérieur !
Ce crissement de pneus ? Hé ! c’est l'Adrien Lemuet qui gare sa décapotable à côté du cheval. Nestor, tu connais l'Adrien ! c'est dans sa nature de frimer. Faut qu'il frime ! Qu'il montre qu'il a du blé, assez de blé pour avoir une auto qui brille cent fois comme les autos du château. Il a toujours voulu faire voir que son négoce de bois lui rapporte gros. Pour cela, il roule en cabriolet, et pas n'importe lequel ! Le fanfaron n'a pu mieux faire que de mettre son auto à côté du canasson des de Vallantée. S'il le pouvait, il placerait le bijou dedans, sur les marches de l'autel. Et il profiterait de la bénédiction pour faire rincer son tas de tôles à l'eau d'église.

T'as pas tout vu, Nestor ! Même Gertrude Brit est venue, elle qui rêvait de te rompre le cou depuis que tu avais pulvérisé son dindon en chassant le faisan. Sans compter le reste que tu lui faisais endurer souvent, c'est-à-dire aussi souvent qu'il fait du vent autour de ta maison, autant dire presque tous les jours. En faisant défiler à toute vitesse les grains de son chapelet, Gertrude Brit marmonne, comme à son habitude. Au regard de vos relations, qui étaient tendues, ne crains-tu pas, Nestor, qu'elle prie le Ciel de t'envoyer en enfer ?

Va ! t'auras du monde. Toi le dernier de Sagnesorbiers, t'en attendais pas tant ? Il est probable que tu en ris dans ta barbe. Mais faut-il en rire ! Pourquoi sont-ils venus ?

 

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